Ste Marie ... d'Egypte

Publié le par Albocicade

Nous voici au cinquième dimanche du Grand Carême, consacré à sainte Marie d'Egypte.

Je ne vais pas développer au long la vie de cette femme à la jeunesse pour le moins désordonnée, qui vécut ensuite une ascèse à la hauteur de ses débordements. Vous trouverez ici une traduction de cette vie rédigée par St Sophrone de Jérusalem.

Mais parler d'une sainte Egyptienne pose la question de la place des chrétiens dans des pays dits "musulmans".

Certes, Marie d'Egypte vivait avant l'arrivée de l'Islam, mais Sophrone a connu l'invasion islamique, et négocia lui-même la reddition de Jérusalem avec le Calife Omar.

Chrétiens en terre d'Islam... 

Je viens ainsi de recevoir un courrier m'invitant à écrire à un député français pour l'alerter sur les persécutions dont sont victimes des chrétiens d'Algérie.

Et il n'y a pas qu'en Algérie que les chrétiens sont en butte à l'ostracisme, subissent les vexations, voire les persécutions ; et sont en train de disparaître, sous la pression d'un islam intolérant, dans l'indifférence générale.

Je sais bien que l'actualité est plus en faveur des Tibétains que des chrétiens arabes, mais une solidarité doit-elle exclure l'autre ?
Bien sûr, les chrétiens ne jouissent pas de l'aura de sagesse des Tibétains (on peut d'ailleurs s'interroger pourquoi ; peut-être sont-ils moins "exotiques") mais l'exil contraint de chrétiens Libanais ou Irakiens n'est-il pas aussi inacceptable que l'exil forcé de Tibétains ? Et l'assimilation contrainte des uns ne vaut-elle pas celles des autres ?

 Le n° 34 de la "Lumière du Thabor" aux Pages orthodoxes de la Transfiguration fait un peu le point sur la situation des chrétiens autochtones dans les pays arabe. (Il serait certes bien que le bulletin soit accessible par le site, mais en attendant, il est toujours possible de le demander... !)


Arabe = musulman ?

D'autre part, tout le monde sait, plus ou moins, que les musulmans ont précieusement conservé, traduit puis transmis, les manuscrits des auteurs de l'antiquité - Platon, Aristote et Hippocrate en tête - pour finalement les transmettre à l'occident chrétien.

Voire...

C'est ainsi que je suis tombé, par le blog de Maxime, sur un article du Monde exposant en peu de mots la thèse d'un professeur d'Histoire médiévale à Normale Sup qui conteste cette vision des choses.

En fait, la contestation de ce lieu commun n'est pas nouvelle, et je l'avais déjà rencontrée dans un article de Mgr Georges Khodr, repris dans le livre "Les richesses de l'Orient Chrétien" : de fait, historiquement, ce sont des lettrés chrétiens (et non musulmans) qui ont traduit en arabe les œuvres de l'Antiquité...

 Mais les chrétiens ont-ils encore droit de cité dans les pays "musulmans" ?

 

 

Publié dans Vie quotidienne

Commenter cet article