Quantcast
Vendredi 14 décembre 2012 5 14 /12 /Déc /2012 11:41

Calendrier 2013

 

Une fois encore, le calendrier orthodoxe pour l'an qui vient est en ligne, avec cette année comme thème de fond

"Tu aimeras ton prochain comme toi-même".

 

Sur Archive et sur Scribd

Rappelons que le calendrier "nouveau style" est en usage  dans les patriarcats de Constantinople, d'Alexandrie et d'Antioche ainsi que dans les Églises orthodoxes de Grèce, Chypre, Roumanie, Pologne, Bulgarie.

Ce calendrier est élaboré en conformité avec le "Calendrier Liturgique" publié par la Fraternité Orthodoxe en Europe Occidentale qui est approuvé par l'Assemblée des Evêques Orthodoxes de France.


Publié dans : Vie quotidienne - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire
Lundi 10 décembre 2012 1 10 /12 /Déc /2012 14:20

http://blog.pucp.edu.pe/fernandotuesta/files/u5/Libro.jpg

 

Quelques nouveautés mises en ligne.

 

Tout d'abord, Les catéchèses baptismales et mystagogiques de St Cyrille de Jérusalem, traduction française annotée de Jean Grancolas, avec index alphabétique, 1715. (La traduction est parfois meilleure que celle – plus récente – que j'ai précédemment mis en ligne)

Sur Archive

 

Ensuite, un petit travail de compilations : Chrétiens face au paganisme : Trois écrits "du" Pseudo-Justin

Le Discours aux Grecs ; L'Exhortation aux Grecs et Le traité "de la Monarchie"

Traduction de M. de Genoude, 1837

Sur Archive et sur Scribd

 

Un classique, mais pas dénué d'intérêt pour autant : Vincent de Lérins et le commonitorium.

Présentation de Vincent de Lérins, traduction française des deux commonitorium, par F. Brunetière et P. de Labriolle, 1906

Sur Archive et sur Scribd

 

Pour les accrocs du grec, Les constitutions apostoliques (IVe siècle)

Texte grec, édition de G. Ultzen, 1853

Sur Archive et sur Scribd

 

Petit rappel pour un texte signalé dans le cours d'un billet récent : The "Laments of the Virgin" and the "Martyrdom of Pilate", english translation of the arabic text by A. Minanga, in Woodbrooke Studies n° 2, 1928

Sur Archive

 

Et bien sûr, le petit conte "La brimade" : sur Scribd.

 

D'autre part, il y a quelque temps, j'avais signalé le dictionnaire grec-anglais "Liddel-Scott-Jones" et quelques autres bricoles (dont la PG de Migne) à dénicher sur internet et longtemps avant, l'anthologie de la poésie hymnographique chrétienne en grec, par Christ-Paranikas. Il ne manquait (presque) que le  "Patristic greek lexicon" de Lampe (édition de 1961). Ce n'est pas moi qui l'ai mis en ligne, mais je pense qu'il pourra rendre services à quelques uns

C'est certes un gros document (170 Mo), mais un outil incontournable. Il est donc accessible sur Scribd, ici.


Publié dans : Cigale bibliothécaire - Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire
Jeudi 6 décembre 2012 4 06 /12 /Déc /2012 14:23

violence et silence

Tout dernièrement, je tombe - sur facebook - sur une photo que je connais.

Violence et silence imposé.

Bien sûr, il faut en parler et c'est justement le but de la "Journée contre les violences faites aux femmes" chaque 25 novembre. Mais en parler, c'est une chose, encore faut-il que ces paroles ouvrent sur des possibilités de solution.

Que faire après les coups, partir ? Mais pour aller où ? Car le mari, le copain, le conjoint connait les amis, la famille... Aller à l'hôtel ? On tient une semaine ou deux, mais après... Après, il y a la solitude, la déprime, l'argent qui fond trop vite, le doute... La fuite n'est pas un projet durable, et là, il faut du durable.

Alors que faire ?

Qu'il soit permis à un ancien travailleur social de donner une piste.

Plutôt que de s'enfuir éperdue dans la nature avec les mômes sous les bras, il est possible de contacter un CHRS (il y en a beaucoup en France) et de faire une demande d'accueil en urgence avec les enfants en expliquant la situation. Si les risques sont très élevés (ou perçus comme tels) il est éventuellement possible de faire une demande d'éloignement (une femme de la région toulousaine peut tout à fait être hébergée en région parisienne). En CHRS, il y a une équipe pour aider à "passer le cap" du départ, et à préparer un nouveau projet de vie. Ce n'est pas un idéal, mais une solution de transition réellement adaptée pour se prendre en main, se prendre en charge, parce qu'une vie à faire repartir, ça reste un défi, puis un long chemin.

 Et comme il ne suffit pas de savoir que des Centres d'Accueil (CHRS) existent, je vous renvoie vers un site qui recense toutes les adresses.
Les Structures spécialisées dans l'accueil de femmes victimes de violence sont indiquées par ce logo.

http://www.sosfemmes.com/ressources/images/logo_violence.png

  

Et pour finir, le texte qui accompagnait la photo, sur FB (Merci à Daniel)

- J'ai reçu des fleurs aujourd'hui... Ce n'était pas mon anniversaire ni un autre jour spécial. Nous avons eu notre première dispute hier dans la nuit et il m'a dit beaucoup de choses cruelles qui m'ont vraiment blessées. Je sais qu'il est...... désolé et qu'il n'a pas voulu dire les choses qu'il a dites parce qu'il m'a envoyé... des ... fleurs aujourd'hui...
- J'ai reçu des fleurs aujourd'hui. Ce n'était pas notre anniversaire ni un autre jour spécial. Hier, dans la nuit, il m'a poussé contre un mur et a commencé à m'étrangler. Ça ressemblait à un cauchemar, je ne pouvais croire que c'était réel. - Je me suis réveillée ce matin le corps douloureux et meurtri. Je sais qu'il doit être désolé parce qu'il m'a envoyé des fleurs aujourd'hui.
- J'ai reçu des fleurs aujourd'hui. Et ce n'était pas la fête des mères ni un autre jour spécial. Hier, dans la nuit, il m'a de nouveau battu, c'était beaucoup plus violent que les autres fois. Si je le quitte, que deviendrais-je ? Comment prendre soin de mes enfants ? Et les problèmes financiers? J'ai peur de lui mais je suis effrayée de partir. Mais je sais qu'il doit être désolé parce qu'il m'a envoyé des fleurs aujourd'hui.
- J'ai reçu des fleurs aujourd'hui. Aujourd'hui c'était un jour très spécial, c'était le jour de mes funérailles. Hier dans la nuit, il m'a finalement tué. Il m'a battu à mort. Si seulement j'avais trouvé assez de courage pour le quitter, je n'aurais pas reçu de fleurs aujourd'hui"


Publié dans : Cigale sociale - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire
Dimanche 2 décembre 2012 7 02 /12 /Déc /2012 14:34

http://ffe-ps.org/wp-content/uploads/2011/05/1600_assemblee_nationale_francaise_9.jpg

Je me suis, jusqu'à présent, scrupuleusement abstenu d'aborder un certain sujet sociétal qui fait plus de houle que de débat : le projet de réforme du mariage en France.

Je m'en suis tenu à l'écart non par désintérêt, mais pour éviter d'ajouter du brouhaha au vacarme.

Ce qui ne m'a, par contre, pas empêché de tenter de m'informer, en attendant qu'un véritable débat puisse avoir lieu.

J'ai donc lu avec intérêt la réflexion du grand rabbin Gilles Berhneim, ainsi que l'étude du P. Marc-Antoine. Deux petits pavés, sans doute, mais je sais depuis longtemps que si pour chaque question complexe, il existe une réponse simple, cette réponse est fausse.


Et puis le débat tant attendu est arrivé.

Enfin, des hommes et des femmes de bonne volonté, des personnes à l'esprit ouvert allaient échanger, s'écouter, partager pour tenter de se comprendre, de se mériter… de mettre en commun leurs expériences, la richesse de leurs traditions, de leurs réflexions pour tenter de donner à cette question sur les évolutions de notre société un cadre juridique approprié.

C'est donc le jeudi 29 novembre que, dans les murs de l'Assemblée Nationale, dans le cadre de la Commission des lois que le débat…. non, excusez-moi… pas le "débat". Il n'y a pas eu de "débat".

Juste une dizaine de minute accordées à chaque représentant(e) invité(e), pour exposer son point de vue.

Puis une salve républicaine, le sabre contre le goupillon. Puisque les religions ne sont que des "lobbies", qui lorsqu'elles ont voulu s'occuper de questions de société ont "toujours eu tort".

D'écoute ? point. De débat ? nenni.

On peut certes se contenter de lire un compte rendu de cette non-rencontre (par exemple ici), mais sans doute vaut-il la peine de prendre les deux heures que la Nation a daigné consacrer à ce débat pour le voir et l'écouter.

On trouve la vidéo sur le site de l'assemblée nationale (29 novembre 2012 : Ouverture du mariage aux couples de même sexe : l'approche des responsables de culte en France).

A noter qu'il est possible de la télécharger (un peu plus de 300 Mo) pour prendre le temps de la réécouter tranquillement.

 

A titre indicatif, on peut aussi le visionner sur Youtube.

 

 

Publié dans : Vie quotidienne - Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire
Mercredi 28 novembre 2012 3 28 /11 /Nov /2012 14:13

anges préparateurs

C'est en cherchant tout autre chose que je tombe sur cette carte, au fond d'une boite.

Ce n'est pas du tout ce dont j'ai besoin, mais d'un autre côté, depuis que j'ai lu – il y quelques années déjà – les "Chroniques Angéliques" de V. Volkoff, je sais que les anges peuvent avoir des personnalités… très affirmées.

Alors, pourquoi pas…

 

La brimade

Conte de Noël ou de juste avant

par

Albocicade

 

"Sérieux ! Je te dis qu'il abuse ! Il abuse, il abuse, il abuse…

Nous faire venir dans ce bled pourri ! Et pour quoi faire ? Rafistoler une étable ! C'est pas mon boulot, ça. Toi, je sais pas, mais moi normalement je chante. Vingt sept mille huit cent trente sixième rang ! Oui, mon ami, dans les rangs de devant. C'est ça ma mission : chanter la gloire de Dieu. Et l'autre qui m'envoie ici. Il se prend pour l'Archistratège Michel, ou quoi ? Et en plus, comment il a amené ça… Grand sourire et tout !

Et que je t'ai à la bonne, et que c'est une mission particulière, et que c'est du Top Secret…

Et moi, bonne poire, je l'ai écouté, je me suis laissé embobiner, oui !

Je sais vraiment pas ce que j'ai bien pu faire pour qu'il me saque comme ça !

Et le coup de grâce, écoute bien ! Il m'a dit que ça s'appelait "La Boulangerie", ou quelque chose comme ça, là où il m'envoyait. Non mais, tu le crois, ça ? Tu trouves que ça sent le croissant chaud, ici ? La bouse, oui !

Et ça te fait sourire, toi ?"

 

De fait, son compagnon, tout en calfeutrant avec soin les interstices par où un vent frisquet s'engouffrait, le regardait avec un petit sourire en coin.

 

- Tu vois, la paille que tu répands sur cette bouse nauséeuse, elle vient des campagnes d'alentour. Si tu avais jeté un œil aux paysages en descendant, tu aurais remarqué les chaumes, dans les champs. Et même, rien qu'avec les couleurs, je peux te dire ce que les gens d'ici cultivent. Par exemple, cette poignée de paille jaune pâle que tu tiens, là, c'est de l'orge. Celle-ci, d'un jaune nettement plus brillant, c'est du blé. Quant à celle-là, un peu verdâtre : paille de seigle. Tout ça, ce sont des céréales que les humains d'ici cultivent, pour faire du pain. C'est pour cela que le village à côté s'appelle la "Maison du Pain" (tu n'en étais pas loin, avec ta "Boulangerie"). Dans leur langue, ils disent "Béïtlérhèm".

 

- Parce que tu parles les langues étrangères, toi ?

Non mais, je rêve ! Ils ont pris un chantre et un interprète pour aller patauger dans la bouse !

Et je ne comprends même pas comment on peut faire de la bouse ! Un truc qui pue, qui colle aux pieds et qui ne sert à rien… C'est bien des êtres inférieurs ! Tu te vois, toi, en train de faire de la bouse ? Et c'est à nous de faire l'entretien de la bauge de ces animaux…

 

- Tiens, c'est curieux, et je sens que ça ne va pas te plaire… mais tu sais comment les humains d'ici disent "animaux" ? Ils disent "rhaïot". Hé bien figure-toi qu'un des leurs, un "prophète" comme ils disent, a eu la faveur insigne, le privilège rarissime de voir les Hiérarchies Elevées, de celles qui sont juste sous le trône de la Majesté Divine, celles qui voient de tous côtés et qui filent tels la foudre et le vent. Il les a vues, cet humain, et tu sais comment il les a appelées ? Des "rhaïot". Elles, les Hiérarchies Elevées, de celles que nous n'apercevons que de loin, il les a appelées des "animaux". Et le pire, c'est qu'il n'a pas tout à fait tort… je veux dire… que ce soient les Hiérarchies Elevées, ou nous, ou même les humains, ou encore les vaches-qui-font-de-la-bouse, finalement, tous nous recevons l'existence de la Majesté Divine. C'est pour ça que nous sommes tous des "vivants"… parce que "rhaïot", ça veut aussi dire "vivants", dans cette langue…

 

-T'es bizarre, toi, comme ange… Tu es en train de me dire que c'est normal que nous pataugions dans la bouse…

 

- Tu sais, jusqu'à présent, aucune des missions qui m'a été confiée n'a été dénuée de sens. Même si, parfois, il m'a fallu du temps pour comprendre.

Alors, si aujourd'hui j'ai été envoyé ici – avec toi – pour retaper cette étable, ce n'est certainement pas une brimade. Tu sais, ici bas, dans ce monde d'humains, c'est vrai que la volonté divine n'est pas toujours accomplie, mais chez nous, c'est tout différent.

Et d'ailleurs, en parlant de bouse, cette bouse que tu détestes tant, sais-tu que si elle est répandue dans les champs, elle nourrira le blé, l'orge ou le seigle dont les humains font du pain… Les choses ne sont pas toujours ce qu'elles semblent être.

Alors, plutôt que de te lamenter sur ton sort en croyant que la mission qui t'a été confiée n'est pas digne de toi, fais confiance au Chef de Rang qui nous a envoyé. Peut-être que, pour la Majesté Divine, il est important que les animaux de cette étable – des vivants, comme nous – dorment confortablement installés la prochaine fois que leurs bergers les ramèneront là…

 

Un silence s'installa, durant lequel les deux anges achevèrent leur travail.

Le premier s'appliquait maintenant à disposer la paille avec soin.

Pourtant, même si sa colère était tombée, même si, d'une certaine manière, il se prenait à aimer cette étable et sa paille, et même les vaches et leurs bouses ; au fond, tout au fond de lui restait une sorte de tristesse.

Et au moment de quitter cet endroit, juste avant de reprendre la montée, il se tourna encore vers son collègue.

 

- Tu vois, tu as sans doute raison… Mais j'aimerais tellement faire quelque chose directement pour la Majesté Divine… Déjà, chanter parmi les chœurs célestes, oui, ça, ça me plait. Mais mon rêve, ce serait de faire partie de l'équipe qui descendra sur la terre des humains pour préparer le lieu de sa Venue en Gloire… Et une chose est sûre, ce n'est certainement pas ici que ça se passera.

 

Prenant sa montée, le second ange le regarda en silence.

Et, allez savoir pourquoi, il avait de nouveau un petit sourire en coin.

 

En hommage de reconnaissance à Vladimir Volkoff

pour ses "Chroniques angéliques"

 

 

Petites notes

- L'archistratège Michel, ou l'archange Michel, chef des armées célestes.

- "Béïtlérhèm" : "ביתלחם" Bethléem, signifie "maison de pain"

-  "rhaïot" : "חיות" animaux, être vivants. Le prophète emploie ce terme pour désigner certains des "êtres", dans sa vision, Ezéchiel 1.1-14

 

Et pour ceux qui voudraient le récupérer aisément, j'en ai fait un fichier PDF, sur Scribd


Publié dans : Vie quotidienne - Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire
Samedi 24 novembre 2012 6 24 /11 /Nov /2012 14:41

gsbox-5of5

Une fois n'est pas coutume, je vais faire un peu de réclame.

Il faut dire que depuis que j'ai trouvé ce système, il ne se s'écoule quasiment pas un jour sans que je l'utilise. (Même ce billet y est passé !)

Précisons.

Je suis amené à travailler un certain nombre de documents indifféremment sur deux ordinateurs, en fonction du lieu où je me trouve. Aussi se pose la question – et même le problème – des versions successives. Comment continuer à travailler sur un document en changeant d'ordinateur ? Il faut nécessairement déplacer une copie du fichier (par clef USB ou en pièce jointe d'un mail que je m'envoie) sans me mélanger les pinceaux entre les différentes versions d'un même fichier… bref un bricolage assez pénible, surtout quand j'oublie la clef USB au fond de la poche de je ne sais plus quelle veste.

L'idéal serait que les fichiers se mettent à jour tout seuls, de sorte que quel que soit l'ordinateur que j'utilise, j'ai automatiquement la bonne version.

Et c'est précisément ce que fait la "Dropbox".

 

Je n'entrerai pas dans les détails techniques : c'est juste très pratique.

Et comme un seul de mes ordinateurs est raccordé à une imprimante, il me suffit de placer le document à imprimer dans le dossier de transfert pour l'avoir ipso facto sur la bonne machine. (Il existe encore d'autres utilisations, comme de pouvoir mettre à disposition de ses correspondants, via un simple lien, des documents trop volumineux pour être placés en pièce jointe, de partager des dossiers de photos…)

 

Bref, je me suis dit que cela pourrait en intéresser quelques-uns.

Donc, pour vous créer un compte et télécharger le logiciel, vous pouvez cliquer sur ce lien.

Dernière précision : pour faire usage de cette petite merveille, c'est gratuit.


Publié dans : Vie quotidienne - Voir les 2 commentaires - Ecrire un commentaire
Lundi 19 novembre 2012 1 19 /11 /Nov /2012 14:15

savon

 

 

"Il a été crucifié pour nous sous Ponce-Pilate"

Voila comment le nom de Pilate est resté dans l'Histoire : le haut fonctionnaire qui a ordonné l'exécution de Jésus, malgré l'intervention intempestive de son épouse ; l'homme qui "se lave les mains" des conséquences de ses actes ; et même, l'homme qui, posant une question, se détourne pour ne pas entendre la réponse.

Voila du moins l'image que l'Occident en a gardé.

C'est donc tout logiquement que dans la Légende Dorée (dans la fin de la section sur la Passion du Sauveur), Pilate, condamné à une mort honteuse par, Tibère se suicide : une mort lamentable pour un homme lamentable.

 

Aussi, lorsque j'ai tout dernièrement, et fortuitement, appris que des chrétiens avaient porté ce nom, et même, qu'en diverses églises orientales*  Pilate, le Ponce Pilate des Evangiles est considéré comme un saint martyr, j'en ai été d'abord bien surpris. Pourtant, c'est un fait, il existe, transmis en garshouni et en éthiopien, un long récit (à la valeur historique des plus douteuses !) qui raconte comment, ayant constaté les miracles qui se produisaient au Tombeau de Jésus, Pilate offrit un grand banquet pour les pauvres, se réjouissant avec sa femme, Procla** de la résurrection du Sauveur, et comment il fut finalement mis à mort, crucifié à cause de sa foi au Christ.

 

Alors, une fois qu'il s'est séché les mains, qu'est devenu Pilate ?

Faut-il le laisser figé pour l'éternité en pleutre dans son geste aussi absurde (puisqu'il ne trouvait rien de condamnable en Jésus) que criminel  ? Après tout, cette condamnation ne fut pas son dernier acte, il vécut encore des années.

Faut-il au contraire en faire un saint martyr ?

Au fond, à mon niveau, peu importe. D'ailleurs, il est fort douteux que nous puissions accéder un jour à la réalité historique concernant la fin de Pilate : celle-ci appartient à Dieu.

 

Et justement, puisque c'est à Dieu que la réalité appartient, comment aurais-je le droit de porter un regard définitif, un jugement inexorable et éternel sur qui que ce soit.

Ce qu'une personne peut devenir, je n'en sais rien.

Toute personne peut évoluer, changer en bien… ou non.

Mais ce n'est pas à moi d'en décider, et du coup je n'ai pas le droit de l'enfermer dans l'image que je m'en suis fait (même légitimement) à un moment donné.

 

Voila pourquoi ce regard différent porté sur Pilate dans ces légendes m'interpelle.

 

Un grand merci à Софья Моисеева qui a évoqué l'aspect technique de cette question sur le forum du NASCAS

 

Notes

*Même si je n'ai pas d'information sur les pratiques actuelles, Ponce Pilate a été (est ?) considéré comme un martyr dans les Eglises Copte, Ethiopienne et même Syriaque.

** La mémoire de Ste Procla, l'épouse de Pilate, est fêtée le 27 octobre dans l'Eglise orthodoxe.

***J'ai placé ici la traduction anglaise du "Martyr de Pilate" (et son corollaire, les "Lamentations de la Vierge"). Pour le texte arabe de ces deux documents, voir ici.

Publié dans : Vie quotidienne - Voir les 3 commentaires - Ecrire un commentaire
Mercredi 14 novembre 2012 3 14 /11 /Nov /2012 17:13

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41JC0GAWBYL._SL500_AA300_.jpg

 

"Le silence sera le langage du siècle à venir" écrivait St Isaac le Syrien.

Sans doute est-ce pour cela que les anges savent se faire discrets.

N'empêche, lorsque j'ai vu le film, il y a quelques années, j'ai fait – immobile – un de ces voyages dont j'aurais à peine osé rêver, sans toutefois parvenir jamais à le réaliser.

En effet, non seulement il y faudrait des fonds dont je ne disposerai jamais, mais il faudrait en outre être au bon endroit au bon moment, pouvoir rencontrer les bonnes personnes, parler des langues dont j'ignore jusqu'à l'alphabet…

 

De Kiji sous les neiges de Carélie, à Patmos brûlée de soleil, en passant par Lalibella ou Alep, c'est un voyage dans la foi, dans le chant de la foi à travers les langues, les cultures, les Traditions ; un voyage à travers les Histoires des peuples, à travers le présent de l'Histoire de l'Eglise …

 

Un voyage en images et en sons, en chants et mouvements, en joie et prière…

 

Aussi, lorsque dernièrement on m'a offert le livre, je me suis plongé dedans en me demandant bien où il allait me mener : un film, c'est une chose, un livre autre chose.

Et de fait, ce n'est pas une "copie papier" du film, mais plutôt le "journal de voyage", les coulisses du tournage, le chemin de rencontres, de projet et de caméra.

Et bien plus que cela.

Bien plus, puisqu'entre deux étapes, on se plonge, à coup de "difficultés", "d'apories" et de "scholies" dans la réalité des anges. Qui sont-ils, et quel est leur rapport au temps ? Où sont-ils, et y en a-t-il un nombre défini ? Sont-ils faillibles ou infaillibles, corporels ou incorporels ; comment sont-ils regroupés par "classes", et quelle part ont-ils dans l'Histoire du Salut ? Ce sont là les questions, et quelques autres qui sont abordées joignant la perspective biblique et le regard des Pères de l'Eglise pour des réponses tout en nuances.

Sans doute ce que j'ai lu de plus instructif sur la question. Faisant la part à la diversité des opinions, mais aussi la part du mystère ; d'une immense richesse et pourtant clair et accessible mais sans jamais devenir simpliste ni scolaire.

Et bien sûr à mille lieues des élucubrations des tenants du new-age et autres fadaises.

Bref, un livre précieux.

Un dernier mot ?

Merci à Jean-François Colosimo pour avoir osé un tel livre (et à l'équipe de tournage d'Olivier Mille pour avoir osé un tel film !)

 

PS :

Pour achever ce billet, j'ai choisi cette photo, extraite du film, de Dimitri Koutilla en train de chanter, en arabe, une hymne du Vendredi saint, au milieu des ruines de ce qui fut un des plus fameux monastères du premier millénaire : Qalat-Semaan, le monastère de St Syméon le Stylite.

Je ne peux, sans trembler, entendre cet homme, âgé, chanter ainsi :

En ce jour est suspendu à la croix

celui qui suspendit la terre sur les eaux…

 

Dimitri Koutilla à Qalat-Semaan


Publié dans : Cigale en prière - Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire
Samedi 10 novembre 2012 6 10 /11 /Nov /2012 14:44

Il ne s'agira pas, ici, d'un de ces célèbres monastères qui proposent aux assoiffés de Dieu une spiritualité dépouillée, et à l'éthylisme tant mondain que  populaire quelques uns de ses plus élégants prétextes.

http://verificationpermis.free.fr/images/trape-a-carburant.png

Non, et beaucoup plus banale, il s'agit de la trappe du réservoir d'essence, qui tout en masquant le bouchon en indique l'endroit et conserve à la carrosserie un aspect homogène.

Dernièrement, donc, me trouvant à une station-service, je vois un jeune homme qui, l'air inquiet, va plusieurs fois en une danse étrange du poste de conduite à la trappe, et retour.

M'avisant, il me demande : "Excusez-moi, ma trappe est bloquée, vous n'auriez pas un tournevis ?"

Il s'agissait en effet d'une de ces trappes commandée par un levier situé à l'intérieur de l'habitacle, levier qu'il avait beau manipuler avec conviction, rien ne se passait.

M'étant muni de l'outil demandé, je m'approche afin de lui prêter main-forte, bien en vain d'ailleurs : à moins de véritablement forcer la trappe – et donc de provoquer au passage des dégâts irrémédiables dans le système de fixation, ce que je me refusais à faire et lui déconseillai vivement – rien ne semblait faisable.

Finalement, se rangeant au conseil prodigué, il partit s'enquérir d'un garagiste dans les parages. A peine quelques minutes plus tard (oui, j'étais encore là), il était de retour, le garagiste lui ayant fort aimablement fait remarquer que la trappe en question était bel et bien ouverte. Je veux dire, la vraie trappe, celle qui se trouvait de l'autre côté du véhicule, et non l'espèce de leurre placé en symétrie par le constructeur sur le coté opposé et que ce malheureux jeune homme tentait vainement d'ouvrir.

Bien sûr, qu'un propriétaire de véhicule ignore où se trouve son réservoir, cela peut sembler curieux ; toutefois dans la mesure où il n'avait cette voiture que depuis deux ou trois jours, il est excusable.

Mais si dans sa – somme toute – légitime ignorance il avait insisté jusqu'au bout, son évidente sincérité lui aurait-elle épargné les dégâts bien réels qu'il aurait causé à son auto ?

 

Alors, bien sûr, il est difficile, et même contraignant, de ne pas se fier aux évidences ; est-ce pour autant qu'il ne faut pas s'y employer ?

Publié dans : Vie quotidienne - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire
Mardi 6 novembre 2012 2 06 /11 /Nov /2012 14:35

http://secondeguerre.tableau-noir.net/second-guerre-mondiale/exode3.jpg

C'était pendant la guerre, la "deuxième guerre mondiale".

Il était bien jeune, mais déjà avait été obligé de fuir, de chercher refuge loin du danger. Pas parce qu'il était juif, non, mais parce que le moustachu hystérique d'outre-Rhin et ses sbires détestaient les juifs. (Enfin, spécifiquement les juifs, mais pas uniquement eux…).

Et il avait été accueilli dans une famille, à la campagne, comme ça, sans chichis.

Cela semblait simple, et pourtant – il le savait – c'était tout à fait risqué.

Un jour qu'il demandait à son hôte où il était, celui-ci lui répondit avec un bon sourire : "Ici ? Hé bien ici, on est à Dieu-le-fit".

Bien sûr, naïf qu'il était ! Ces gens-là prenaient déjà assez de risques… ils n'allaient pas lui dire où ils étaient… c'était bien le minimum de la prudence. Et puis, c'était une jolie trouvaille que ce "Dieu-le-fit", c'était une belle manière de lui dire "Que t'importe où tu es ? Tu es ici en sécurité, et c'est à Dieu que tu le dois…."

Le temps passa, et jusqu'à ce qu'il doive repartir, jamais plus il ne posa cette question.

Des années après la fin de la guerre, devenu adulte, il gardait en son cœur une douce nostalgie pour ce lieu inexistant où il avait pourtant trouvé asile, ce lieu introuvable puisqu'il en ignorait le nom et l'emplacement.

Et puis un jour, en passant sur une autoroute, il vit un panneau indiquant "Dieulefit".

Se pourrait-il que…

Dès qu'il le put, il téléphona, se renseigna et finit par retrouver la famille qui l'avait accueilli.

Ce n'était pas un nom de code… c'était encore mieux !

 

C'est là une des anecdotes qui furent évoquées lors de la visite du Grand Rabbin de France, ce dimanche, justement à Dieulefit.

Une visite riche de sens, riche en émotions aussi. Bien sûr, le Grand Rabbin Gilles Bernheim est trop jeune pour avoir connu cette période, mais pas son père qui – fugitif en 1943 – trouva, comme des centaines d'autres, refuge en ce lieu.

Ce fut l'occasion pour le Grand Rabbin de rappeler que si le pire est toujours possible (trois jours avant, il était à Toulouse, pour la commémoration des assassinats de l'école Ozar hatorah), il n'est pas inéluctable : c'est avant tout une question de choix ; choix personnel d'abord, choix collectif ensuite… comme les gens de ce village et des environs qui, alors que haine et violence devenaient la règle commune en Europe, agirent autrement.

 

Cette visite du Grand Rabbin de France, j'en ai été informé deux ou trois jours auparavant. Et comme le jour dit, je n'étais pas très loin, j'ai fait le déplacement : mine de rien, une visite comme ça, c'est juste exceptionnel.

 

Pour ceux qui n'étaient pas là, quelques documents.

D'abord l'annonce de sa venue (qui mérite d'être lue), sur le site du rabbinat, puis deux articles de journal (mais il y en a eu d'autres) : par exemple dans le Courrier Picard, ou dans le Dauphiné Libéré.

 

En marge de la visite

Tout en écoutant attentivement le rabbin, je songeais, moi l'orthodoxe anonyme,aux rejets passionnels qui ont opposé les diverses communautés.

Je pensais en particulier à cette anecdote que m'a raconté un ami orthodoxe, russe d'origine.

S'étant intéressé à la généalogie de sa famille, cet ami avait pu remonter assez haut dans ses origines, découvrant, par exemple qu'un aïeul, marin danois avait servi dans la marine de Louis XIV avant de se mettre au service de Pierre le Grand... Il a aussi découvert aussi que sous le règne du Tsar Alexis (début du XVIIème siècle) un aïeul était un juif de Biélorussie devenu chrétien. Lorsqu'il a raconté cela à une de ses cousines en Russie, celle-ci fut effarée : "Un ancêtre juif ? quelle honte... quelle horreur !" (Oui, il y a des gens comme ça…) Et mon ami n'a réussi à la rasséréner qu'en lui disant "Mais non, au contraire, réjouis-toi : la Mère de Dieu est une cousine..."


Publié dans : Vie quotidienne - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

Présentation

Fréquence

En moyenne : un billet tous les 4 jours

Etre informé ?

Pour être informé par e-mail (automatique) de la parution des billets, pensez à inscrire votre adresse dans le module "newsletter"

Visiteurs

Mis en place le 5 janvier 2009
 free counters

Recherche

Contact

Bibliothèques

Mes documents sur Scribd


Mes documents sur Archive






Référencement

Le christianisme orthodoxe.ru. L'annuaire des sites web orthodoxes
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés