Oecuménisme pragmatique

Publié le par Albocicade


Naguère, au village, il y avait deux côtés à la rue principale : celui des commerçants catholiques et celui des commerçants protestants. Et gare à celui - papiste ou parpaillot - que l'on prenait à se commettre chez les malcroyants d'en face !
L'époque était à la défiance, à la méfiance, au mépris réciproque.
Le temps à passé, et l'estime est née : rencontres, dialogues théologiques, actions communes... On se rendit compte que ce que l'on honnissait chez l'autre relevait plus de la forme, de l'histoire, de l'habitude et même des préjugés que du fond et que sans nier les différences réelles et les divergences parfois profondes,  "les murs qui nous séparent ne montent pas jusqu'au Ciel" (pour reprendre un mot de St Platon de Tallinn).
Aussi, lorsque nous sommes arrivés au village, l'accueil fut sympathique, bienveillant. Et même, nul parmi les huguenots locaux ne nous tint rigueur d'avoir délaissé la Réforme pour l'orthodoxie.
De sorte que, lorsque dernièrement nous sommes de nouveau entrés dans une période de turbulences fort déplaisantes, c'est tout naturellement que nous avons contacté des membres des trois églises du lieu - la paroisse catholique, la paroisse réformée et l'assemblée évangélique - pour solliciter leur soutien dans la prière : il nous arrive de prier ensemble quand ça va bien, il est donc normal de le faire aussi quand ça va moins bien.
Ce que nous n'avions pas anticipé, c'est que – sachant que cette situation nous impose pas mal de déplacements avec les frais qui vont avec – chacune des trois paroisses à fait une collecte en notre faveur. Sans concertation, sans tambour ni trompette, juste par fraternité, par amitié, comme ils l'auraient fait pour des membres de "leur" communauté.
Nous en sommes restés sans voix ! 

Publié dans Vie quotidienne

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