MFH

Publié le par Albocicade

Attablés ensemble, nous devisons. Petite conversation à bâtons rompus.
- Alors, vous aussi vous êtes en vacance ici ?
L'absurdité du propos fait sourire, dégèle les crispations. L'un est là parce que sa femme doit subir une importante opération, l'autre parce que son ami s'est fait retirer deux tumeurs au cerveau, pour une troisième, ce sont ses anticorps qui remontent trop fort et qui risquent de mettre en péril le rein qui lui a été greffé...
Ce n'est pas un hôtel, lieu impersonnel où l'on reste seul avec son malheur, c'est une Maison Familiale Hospitalière.
Tous, nous sommes là parce qu'il faut bien être quelque part dans la mesure où l'hôpital est loin de chez nous. Et le fait de savoir que nous sommes tous dans la même situation (quoiqu'à la vérité les cas sont infiniment divers) rend inutile cette pudeur qui nous isolerait en n'importe quelle autre circonstance. Oh, bien sûr, il ne s'agit pas de se déverser dans l'oreille du voisin, mais plutôt de cette camaraderie qui naît d'une lutte commune. Un tel rentre le visage défait de sa journée; une poignée de mains fraternelle l'accueillera, un sourire cherchera à le consoler. Tel autre revient avec un beau sourire, qui sera invité à dire en quelques mots la cause de sa réjouissance. On parlera de choses et d'autres, on se taira aussi, c'est selon.
J'avais entendu parler de ce genre d'endroits il y a bien des années... Et à tout dire, l'idée m'avait plutôt rebuté.
M'y voici pourtant, comme les autres, étonné de me découvrir reconnaissant pour ce lieu. Il est vrai que j'ai quelques éléments de comparaison. Et qui dira le soulagement moral que représente le fait de savoir que, de retour de l'hôpital, le soir, notre couvert est déjà mis, le repas prêt[1]... et le tout pour une somme tout ce qu'il y a de raisonnable (et en général pris en charge par les mutuelles).
Oh, bien sûr, une telle structure ne fonctionne pas toute seule, et outre une poignée de salariés, interviennent nombre de bénévoles, comme dans la plupart des associations. Pas toujours assez nombreux, d'ailleurs, surtout en ce qui concerne les petites réparations qui, normalement ne nécessitent pas l'intervention d'un professionnel.
Aussi, j'ose me permettre de lancer un appel aux bricoleurs (ou, bien sûr, bricoleuses) qui disposeraient d'un peu de temps libre : n'hésitez pas à offrir vos services si, dans vos parages, se trouve ce genre de lieu d'accueil. Quoique cela ne saute pas immédiatement aux yeux, ce sera participer à offrir du soulagement à des personnes en détresses.
Et comment savoir s'il y en a par chez vous ? Ben, en jetant un coup d'œil sur le site des MFH, par exemple. Ou en vous adressant à l'hôpital du coin...

 

Note importante


[1] Bon, ça, c'est plutôt l'exception ! En général, il y a une grande pièce commune où l'on peut cuisiner et partager les repas… et c'est déjà infiniment précieux !

Publié dans Vie quotidienne

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