A l'église, le dimanche.

Publié le par Albocicade

Dimanche, c'est le jour d'aller à l'église, n'est-ce pas ? Sauf si, bien sûr, on a mieux à faire : le match de foot du petit, préparer le pic-nic du jour, aller faire les courses de la semaine, ou tout simplement aller au bistro, celui qui justement est en face de l'église. C'est un peu comme si on était à l'église, n'est-ce pas  ? Après tout, des dimanche, il y en a une bonne cinquantaine par an, et (sauf pour ceux qui seront au labeur ces jours là) ils sont tous fériés. Alors, si on ne va pas à l'Eglise ce dimanche, on ira dimanche prochain, ou celui d'après.

On a tellement de dimanches dans l'année, qu'il en perd sa richesse, sa saveur. Enfin, c'est le cas pour nous et pour beaucoup d'autres, mais pas nécessairement pour tous les chrétiens du monde.

J'écoutais, l'autre jour, une émission sur les "Syriaques orthodoxes de Jérusalem", ces chrétiens "jacobites" qui ont fui la région du Tour Abdin dans les années 1920 suite aux persécutions anti-chrétiennes pour s'agglomérer  autours de Jérusalem où ils avaient un centre de pèlerinage. Une communauté en exil[1] s'est donc constituée, qui existe encore aujourd'hui, à l'identité religieuse bien marquée, bien spécifique. Pourtant, allez à leur église, un dimanche matin... c'est presque désert ; vingt ou trente personnes tout au plus, pour un groupe de plusieurs milliers de membres. Ont-ils donc perdu la foi ? Ont-ils renié le Christ Sauveur ? Ont-ils rompu toute amarre d'avec leur identité d'origine ?

En fait, pas du tout. Mais en Israël, le dimanche est un jour de semaine comme un autre, un jour travaillé ; le jour férié, c'est shabbat, le samedi[2].

Et il n'y a pas que là : un certain nombre d'autres pays  ne font pas du dimanche une exception[3]; leur "week-end pouvant être "jeudi-Vendredi", ou Vendredi-Samedi", comme le montre cette carte.[4]

Imaginez si, chez nous, la Liturgie (ou la messe, ou le culte) avait lieu le mardi (par exemple). Qui pourrait se rendre à l'Eglise, dans ces conditions ? Uniquement les retraités, éventuellement les chômeurs.  Mais bon, nous, on a 52 dimanches par an... n'est-ce pas ?

 

Notes : 

[1] Une partie de la "communauté" s'est exilée dans les années 1920, mais une autre – abandonnant ses villages mais restant dans le Tour Abdin – s'est regroupée dans les villes proches. Depuis, la situation a continué à se déliter.

[2] En fait, le week-end là-bas est de type "Vendredi-Samedi".

[3] C'est l'empereur Constantin qui a férié le "dimanche" en 321, pratique qui a été conservé dans l'empire romain devenu chrétien. De là est né, au XXe siècle, le fameux "week-end universel".

[4] D'un autre côté, dans ces pays, les chrétiens, même s'ils sont nombreux (comme les travailleurs chrétiens dans les "Pays du Golfe"), ne disposent généralement que de peu d'églises, voire d'aucune...

Publié dans Vie quotidienne

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