Comparaisons

Publié le par Albocicade

Une fois encore – cette fois, c'est à Nice – les morts se comptent par dizaines. A vrai dire, l'émotion qui avait submergé la France, et même au-delà, lors du massacre de Janvier 2015 n'est plus là. Il y a bien sûr la colère, mais plus vraiment la surprise. Ce n'est plus "Inimaginable !", mais plutôt "Encore ?"
Pour autant, nous sommes toujours démunis devant cette haine, cette volonté de détruire.
A l'heure où j'écris, les motivations du camionneur fou ne sont pas vraiment élucidée : on n'a retrouvé dans la cabine ni tract de DAESH, ni drapeau du "califat". Néanmoins, puisque ce massacre a été revendiqué par DAESH (que ce soit légitimement ou par opportunisme), force est de le mettre en lien avec ce que ces musulmans fanatiques veulent.
"Musulmans", le mot est lâché. Non que je veuille sous-entendre que chaque musulman est un terroriste en puissance, ni que les tous les croyants de l'islam approuveraient cette haine de tout ce qui n'est pas leur religion.
Loin de là.
Mais il faut pourtant reconnaître que ce que ces fanatiques font, c'est "aussi" l'islam, qu'ils s'appuient sur des textes du Coran, des Hadith et autres traditions plus ou moins récentes, qu'ils ont l'espoir de créer un "califat mondial" qui amèneraient tous les peuples à confesser la shahada (comme me disait un jour un savant parmi eux, "l'islam est l'avenir de l'Europe"... alors même que le coran est loin d'être aussi clair sur cette question.)
Il vaut donc peut-être la peine de tenter un bref comparatif du christianisme et de l'islam.
Il y a d'abord celui de Blaise Pascal, que je donne selon le texte de l'édition de Port-Royal* :
Mahomet s’est établi en tuant ; Jésus-Christ en faisant tuer les siens.
Mahomet en défendant de lire ; Jésus-Christ en ordonnant de lire.
Enfin cela est si contraire, que si Mahomet a pris la voie de réussir humainement, Jésus-Christ a pris celle de périr humainement. Et au lieu de conclure, que puisque Mahomet a réussi, Jésus-Christ a bien pu réussir ; il faut dire, que puisque Mahomet a réussi, le Christianisme devait périr, s’il n’eût été soutenu par une force toute divine.
 
Mais il y a aussi celui qu'employa un jour un missionnaire protestant, connu sous le nom d'Abd al-Massih** :
Un jour, Abd al-Massih arriva dans un village où un aveugle nommé Hamid tenait lieu de Cheikh, enseignant les textes du coran qu'il avait appris par coeur en les écoutant dans une école coranique, instruisant les villageois sur les doctrines fondamentales de l'islam et faisant usage des arguments favoris des cheikhs d'alentours pour résoudre les difficultés qu'on lui présentait.
S'étant assis parmi les auditeurs du cheikh Hamid, il lui fut donné de parler et commença à témoigner de l'Evangile. Au bout de quelques minutes, Hamid reprit la parole, posant une foule de questions, sans attendre la moindre réponse : il voulait d'une part montrer aux villageois à quel point il était savant, et d'autre part empêcher le chrétien de s'exprimer. Après avoir tenté de répondre à ce flot de questions, Abd al-Massih comprenant le manège du Cheikh lui proposa un marché :
"Cheikh, dis-nous tout ce que Mahomet a fait pour toi. Tu as dix minutes pour parler, et moi je me tairai. Puis, moi, j'aurai dix minutes pour dire ce que Jésus a fait pour moi, et tu ne m'interrompras pas."
Le marché fut accepté, et Hamid débuta "Mahomet nous a demandé de rendre témoignage, de prier cinq fois par jour, de jeûner à Ramadan, de pratiquer l'aumône, de lire le coran... Voila ce que Mahomet a fait pour nous, les musulmans..."
"Allons, reprit Abd al-Massih, tu me dis ce qu'il vous demande de faire pour Dieu, mais dis-moi ce qu'il a fait, lui, pour toi." Le cheikh déconcerté ne savait quoi ajouter.
Alors, Abd al-Massih put prendre la parole et, face à ces hommes toujours incertains de la bonté de Dieu, il dit :
"Le Seigneur Jésus  m'a sauvé, il a transformé ma vie. Il est mon ami et mon compagnon de chaque instant, il me donne la force de suivre Dieu. Il m'a appris à aimer mes ennemis..."
 
Bien sûr, un orthodoxe ne formulerait pas nécessairement sa réponse exactement en ces termes. Il n'en demeure pas moins qu'une différence fondamentale entre l'islam et le christianisme est mise en évidence :
Dans l'islam, Dieu exige de l'homme qu'il fasse un certain nombre de choses pour – peut-être, un jour – être pardonné, tandis que dans le christianisme, dans l'Evangile, le pardon de Dieu précède toute action de l'homme.
De fait, Jésus – le bon berger*** – a donné sa vie pour ses brebis, avant de ressusciter. On ne peut pas en dire autant du fondateur de l'islam.
 
Note :
* Je choisis délibérément l'édition de Port-Royal qui corrige le texte trop laconique d'un fragment qui devait à l'évidence être développé. Cette forme "amendée" est sans aucun doute fidèle à l'idée que voulait Pascal.
** Abd al-Massih (serviteur du Christ) est le nom sous lequel Charles Marsh, missionnaire durant plus de quarante ans (de 1925 à 1969) était connu en Kabylie. J'ai adapté un passage qui se trouve dans son livre "Impossible à Dieu", p 33-34
*** Pour le thème du bon berger, on lira Jn 10-1-18 ainsi que la parabole de la brebis égarée.
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