Le bonnet

Publié le par Albocicade

Quoiqu'il ne fasse guère froid, j'ai sorti mon bonnet. Un bête bonnet noir, sans grâces ni fioritures, juste parce que le matin, quand même, on aurait facilement les oreilles qui frisent.

Mais je me demande... n'est-ce pas risqué ?

Que je croise quelque cinglé, aussi échauffé que bigleux, ne pourrait-il pas prendre mon bonnet pour une kippa et m'assener force coups de machette, simplement pour m'apprendre à vivre ?

Parce que – faut bien l'avouer – physiquement, je ressemble furieusement à un juif : deux oreilles, deux yeux, un nez, une bouche... on pourrait s'y méprendre.

Et, on l'a vu dernièrement, être juif, cela peut suffire pour se faire agresser, en France.

Faut-il, comme le suggère le président du Consistoire de Marseille, que les juifs fassent profil bas, se rendent invisibles dans la cité, adoptent un code vestimentaire inspiré par la crainte ?

Personnellement, je ne le pense pas : la France est un pays de droit, dans lequel rien n'interdit à un juif de porter une kippa, ou à un moine de déambuler en soutane dans la rue et il est hors de question de laisser des fanatiques de la haine s'ériger en maître des lois et usages en France.

Alors, pour le moment, je garde mon bonnet sur la tête.

Et si un jour – par solidarité – il faut mettre une kippa, je le ferai... d'autant que j'en ai déjà une.

 

PS :

J'avais déjà rédigé ce billet lorsque j'ai appris qu'un appel avait été lancé (entre autre par un prof de NT de Louvain) invitant les chrétiens à mettre une kippa, demain, samedi 16 janvier. Alors, bon, ça risque d'être compliqué au travail, mais je vais voir comment je peux le faire.

Publié dans Vie quotidienne

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