St Nicolas : naissance d'une légende

Publié le par Albocicade

J'aime la St Nicolas.

Fête pour les enfants qui prélude à Noël, mandarine dans les chaussures au pied de l'escalier, au petit matin, ou même petit pain d'épice flanqué d'une image de l'évêque de Myre.

Douceur, rire, yeux qui pétillent.

Beaucoup d'anecdotes – certaines authentiques, d'autres légendaires – circulent autours de St Nicolas. Dont, appartenant en particulier à la France, la légende des "trois enfants mis au saloir".

 

On connaît la chanson : trois enfants qui demandent l'hospitalité à un homme qui, les ayant tué, les découpe et les met au saloir "comme pourceaux".

Puis, arrive le "bon St Nicolas" qui démasque le boucher et ressuscite les enfants.

Il existe plusieurs tentatives d'explication de cette légende tardive, dont une me semble pertinente. Elle se base sur le facteur iconographique, si puissant dans l’élaboration des mythes et des légendes populaires.

 

Un des principaux miracles de saint Nicolas rapportés par les hagiographes consiste dans ce fait : l’évêque, invoqué par des matelots en péril de naufrage, leur apparaît soudain sur le navire et les sauve de la tempête.

Cet épisode, vu son caractère à la fois simple et saisissant, dut être très anciennement figuré en peinture ou en bas-relief. Or, étant donnés les moyens de représentation dont dispose un artisan primitif, trois matelots debout dans une nef ne diffèrent pas beaucoup de trois enfants se levant du fond d’un cuvier.

 

Avec un thaumaturge de la force de saint Nicolas, l’idée d’une résurrection se présente naturellement, et l’interprétation particulière du saloir est en rapport avec cette croyance selon laquelle que des personnes étaient parfois tuées, et leurs chairs apprêtées en guise de comestible par des hôteliers, bouchers ou pâtissiers ; croyance qu’on retrouve çà et là fixée en mainte légende locale. Cette interprétation une fois posée, il s’en est suivi un conte ad explicandum, et c'est ainsi que l’oeuvre mal comprise de quelque imagier naïf aura engendré l’historiette prodigieuse dont notre complainte est l’épanouissement final.

L'explication est-elle la bonne ? Je n'en sais rien... mais cela me semble bien possible.

A défaut d'avoir pu retrouver l'étude source, c'est donc un extrait d'une page consacrée à St Nicolas que j'ai proposé.

Publié dans Vie quotidienne

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