Ressourcement

Publié le par Albocicade

Il a plu cette nuit.

Au matin, il fait meilleur, presque frais, et – comme on dit – "on respire un peu !"

Pourtant, à mon poste de travail, j'ai l'impression de manquer d'air, épuisement estival oblige.

Comme il a plu, c'est un peu calme... Je regarde l'icône qui décore mon bureau. Oui, c'est ça, qui "décore".

J'ai tout un tas de travaux* en cours... lequel vais-je essayer d'avancer ? Rien ne vient.

De nouveau, mon regard se pose sur l'icône, croise le regard du Christ... Prier ?

 

Oui, sortir la tête de l'eau, respirer ; au milieu d'une zone aride, plonger les lèvres dans l'unique source et boire à long traits ; après des heures de marche ininterrompue, s'asseoir et poser le sac... prier.

 

Je prends le manuscrit derrière moi, l'ouvre. Il n'y a que quelques pages d'écrites, et pourtant, chacune est un élixir de vie.

Aussi, interrompu autant que nécessaire par mes interlocuteurs d'un instant, je lis ces mots choisis : prières de l'Eglise, fragments de psaumes, tropaires...

Je lis en français, en grec, en latin, en hébreu, en arabe, au gré des langues que j'ai employé pour copier. Il y a même du syriaque (ah, oui, je me souviens pourquoi j'ai copié ces mots ainsi)... que je lis en français.

Car si mes vêtements sont sobres, communs, j'aime à ce que ma prière soit (du moins, linguistiquement parlant) une sorte de manteau d'Arlequin.

Que je chante le tropaire de la résurrection, il prendra des "teintes" différentes, se chargera de souvenirs spécifiques selon que je le chante en français, en grec, en slavon ou en arabe. De même, si je laisse tel fragment d'homélie en grec, ou telle citation en latin, c'est parce que...

Bref, chaque parole est chargée – en plus de son sens direct – de tout un vécu autours, avec.

Une manière de saisir ces mots pluri-séculaires et d'en faire "ma" prière... une manière aussi de me laisser saisir par ces mêmes mots et d'entrer dans la prière de l'Eglise.

 

Bref, lorsque j'eus fini, j'étais toujours aussi fatigué, mais avec au coeur de la joie, de la reconnaissance, une forme de soulagement.

 

Et quand je regardais à nouveau l'icône, sur mon bureau, elle ne le "décorait" pas ; elle était là, rappel discret de la présence de Dieu...

 

 

Notes

* Quand je parle de "travaux", ce sont des choses comme l'Homélie d'Astérios, que je tente d'avancer au gré de fragments d'instants libres, entre deux "interlocuteurs"...

PS : pour l'illustration de ce billet, j'ai vraiment manqué d'inspiration... que voulez-vous, la fatigue...

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