Prier pour les prisonniers

Publié le par Albocicade

En 2011, j'avais fait un petit billet à propos des détenus, les mettant en lien avec une prière de la Liturgie durant laquelle on supplie "Pour ceux qui sont en mer et dans les airs, les voyageurs, les malades, les prisonniers, pour tous ceux qui peinent..."

Un docte commentateur m'avait alors fait remarquer que cette demande qui emploie le terme "αιχμάλωτος", vise en fait et spécifiquement "le captif, le prisonnier de guerre, l'homme capturé par les barbares, qui se trouve détenu en attendant d'être libéré contre rançon" et non les détenus de droit communs (pour lesquels on emploie l'expression οι εν φυλακαις : "ceux en prisons").

Et le commentateur ajoutait, à propos des captifs rançonnés : "Cette industrie fleurissait dans l'antiquité et semble reprendre aujourd'hui ses activités un peu partout dans le monde."

De fait, aujourd'hui, ce sont par centaines que des chrétiens sont arrêtés injustement (il n'y a hélas, pas que Asia Bibi...), pris en otage (par exemple les 250 assyro-chaldéens), voire vendus comme esclaves (comme les étudiantes kidnappées par Boko Haram)...

Ainsi, cette expression, sorte de vestige archéologique  conservé dans la Liturgie, reprend-elle dramatiquement tout son sens, puisque nous voici – semble-t-il – revenus des siècles en arrière.

A vrai dire, j'avais à peu près oublié ce détail, et ce n'est pas l'actualité qui me l'a rappelé. Non, c'est que j'ai appris, il y a quelques jours, le décès de ce docte commentateur, le hiéromoine Nicolas.

Quoiqu'habitant dans le même département, nous ne nous sommes jamais rencontrés. Mais – bienfaits d'internet – nous avons à différentes reprises échangé sur des thèmes bibliques ou patristiques. Mieux, il avait même rendu visite à un de mes amis pour bénéficier de ses lumières à propos d'une traduction qu'il avait en cours. Et, lorsque cet ami  est mort, le hiéromoine Nicolas avait ajouté – au billet que je lui consacrai - un petit commentaire  tout en profondeur.

Aujourd'hui, c'est donc le Hm Nicolas qui a pris le chemin d'En-Haut : que Dieu lui accorde la mémoire éternelle.

Et quant à nous, lorsque durant les prochaines liturgies, nous prierons "pour les prisonniers", puissions-nous nous souvenir de quels "captifs" il s'agit.

Cela, nous le devrons au "commentateur". Même si, parce que l'Evangile, le Sauveur lui-même, nous y invite, notre prière se porte aussi vers tous ceux qui sont en prison.

 

NB. Petite précision sur l'image qui illustre ce billet : puisque c'est le diacre qui dit cette prière, j'ai choisi un tableau d'Andreï Riaboutchkine  montrant un diacre russe récitant une ecténie. Il tient le bout de son orarion dans la main droite et le lève à la fin de chaque supplication.

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