La beauté des pieds.

Publié le par Albocicade

Non, il ne s'agit pas ici de vous parler de pédicure, et moins encore de "soins" que le simple bon sens réprouve.

 

Non, il s'agit plutôt d'une beauté... intérieure, une beauté d'action.

C'est du moins ce que m'évoque ce passage du prophète Esaïe :

"Qu'ils sont beaux sur les montagnes,

les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles,

qui annonce la paix !

De celui qui apporte de bonnes nouvelles,

qui annonce le salut!

De celui qui dit à Sion: ton Dieu règne !" *

Parmi les "arpenteurs de monts" au service du Christ, il en est deux qui ont en mon coeur une place spéciale.

D'une part, il y a le P. Constantin, ce prêtre orthodoxe se définissant comme un "cheval du bon Dieu", qui de jour comme de nuit, été comme hiver quittait son modeste presbytère pour se rendre à pieds, chaussé de mauvais godillots, auprès de ses paroissiens parfois éloignés de plus de 10 kms. Dans une vie dénuée de tout superflu (et parfois du nécessaire), il était celui  vers qui on se tournait, et qui avec rien devait être le porteur de l'Evangile au milieu de gens aussi dénué que lui. C'était en Roumanie, et c'est son fils, l'écrivain (et aussi prêtre comme son père, son grand-père...) Virgil Gheorghiu qui en trace le portrait dans "De la vingt cinquième heure à l'heure éternelle".

D'autre part, c'est  Félix Neff. Ce pasteur (qui ne fut jamais "légalement" institué) qui lui aussi portait la Bonne Nouvelle à ses paroissiens isolés d'une vallée des Hautes Alpes, un siècle plus tôt, et qui mourut d'épuisement à 32 ans.

Une des caractéristiques de Neff, c'est qu'il aimait plus le Christ que les querelles de clocher, se refusant à prendre partie dans les controverses qui déchiraient le protestantisme d'alors. Pire (ou plutôt, "mieux"), il ne craignait pas de discuter fraternellement avec des catholiques (non pour les "protestantiser", mais pour avancer ensemble à la suite du Christ) et même à prier avec eux... ce qui n'était vraiment pas à la mode à l'époque ! Mais s'il n'avait rien de cassant, de rigide, il ne se perdait pas non plus dans les brumes théosophiques ou spiritualisantes d'un mélangisme de mauvais aloi : il avait juste une foi simple, qu'il exprimait en des mots simples... ce qui est parfois rafraîchissant.

 

Si pour le P. Constantin nous ne disposons que du témoignage de son fils, en revanche, en ce qui concerne Neff (qui ne fut pourtant guère populaire de son vivant hors de sa paroisse) une littérature relativement abondante est disponible, et il m'a pas semblé inopportun de la rendre accessible sur la page wikipedia qui lui est consacrée.

 

Ces deux là quoique n'ayant pas publié de gros volumes dans des langues barbares sont de la même trempe que les TischendorfGenoude, Robert Estienne, Migne, Nau, Denis Guillaume et tant d'autre : les uns ont dépensé un labeur considérable au service du Christ par le texte, les autres ont été au service du même Christ, et l'ont servi avec le même acharnement, la même persévérance par leur pieds !

 

Notes :

* La citation est Esaïe 52.7. J'ai suivi, par habitude, le texte hébreu.

La Septante donne "Me voici, comme le printemps sur les montagnes, comme les pieds de celui qui annonce la bonne nouvelle de la paix, comme celui qui annonce les biens; car je publierai ton salut, disant : Sion, ton Dieu va régner !"

 

Publié dans Vie quotidienne

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DUBUISSON 01/12/2014 13:27

Très beau.