Au-delà des collines

Publié le par Albocicade

Quand, en 2005, j'avais entendu parler de ce drame abominable, j'avais été scandalisé, d'autant que la manière dont il fut d'abord présenté "une moniale orthodoxe, morte de faim en Roumanie après avoir été fixée sur une croix au cours d'un exorcisme" était sans nuance. Pourtant, la réalité était plus complexe... et tout aussi désastreuse. (Voir par exemple cet article de Pascal Brukner)

 

Quand, en 2012, j'ai entendu parler du film, c'est plutôt un sentiment de dégoût qui m'avait saisi. Ce que j'en avais entendu pourrait se résumer de la sorte : un renvoi dos à dos du système hérité de Ceausescu d'une part et de l'obscurantiste religion orthodoxe d'autre part, le tout couplé à une belle histoire d'amour (entre une moniale et son amie) contrariée par un christianisme moyenâgeux. (j'ai retrouvé une de ces "critiques" ici)

 

Autant dire que je n'avais guère envie de le voir, ce film.  Et qu'après qu'il m'ait été prêté, le DVD est encore resté quelques semaines à prendre la poussière.

Et puis, finalement, j'ai essayé de le regarder... sans y parvenir vraiment : sans cesse mon attention oscillait entre la recherche de l'histoire authentique derrière le scénario, et l'inquiétude par rapport à cette "détestation de l'Eglise" qu'y avaient vu les critiques.

 

A vrai dire, à défaut d'être rigoureusement historique, le film n'a rien de la charge anti-religieuse que certains ont cru y voir. Et même, le personnage du prêtre n'est pas antipathique.

 

Il n'en reste pas moins que ce film est d'une infinie tristesse, décrivant un immense gâchis : gâchis d'une société en délabrement quinze ans après la Révolution Roumaine, gâchis d'une passion obsessionnelle qui se refuse à laisser l'autre vivre son choix (en l'occurrence le choix d'être moniale), gâchis du mensonge et du non-dit qui brouillent les pistes et empêchent tout discernement, gâchis enfin d'une communauté monastique qui – livrée à elle-même – essaie de faire au mieux... et fait mal.

Ajoutons à cela le ciel gris et bas d'un hiver roumain, et on me pardonnera peut-être de ne pas avoir vraiment aimé, même si le film est sans doute réussi.

 

 

Publié dans Vie quotidienne

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Laurence 29/01/2015 02:52

Je n'avais pas entendu parler de ce film. Je vais envoyer les références à un ami roumain, parlant français et théologien. Lui demander ce qu'il en a pensé.

Albocicade 29/01/2015 08:05

Je serais intéressé de connaître son avis...