Vestige du passé

Publié le par Albocicade

A quelques pas de mon poste de travail – juste de l'autre côté de la petite route, en fait – se dressent les murs de l'ancienne église du village.

Les murs seulement, témoignage d'un passé révolu.

Elle a connu son heure d'activité, il y a longtemps, alors que le bourg était en devenir.

"Chapelle notre Dame", elle deviendra, un temps, "Temple notre Dame", lorsque la Réforme protestante s'imposa, et les patenôtres latins firent alors place aux Pseaumes de David mis en rimes française par Clément Marot. 

Et puis… décidément, le bourg se constituait plus haut, vers le ruisseau : les uns bâtirent un temple, les autres une église ; aux deux extrémités du village, et la chapelle Notre Dame tout doucement ruina.

Les tombes du cimetière attenant se mirent à l'entourer, les herbes folles à l'envahir.

Plus d'encens, de patenôtre ou de psaume ; juste des murs récemment consolidés par une association de sauvegarde du patrimoine.

 

Parfois, je rêve que quelque liturgie vienne de nouveau résonner entre ces murs, que – oreilles attentives et cœurs vigilants – des bouches répondent "Nous les avons vers le Seigneur" lorsque le prêtre dira "Elevons notre cœur"…

Vaine rêverie, je le sais bien.

Ce n'est pas là, mais bien dans les rues du village, dans les rencontres inopinées ou organisées, par notre témoignage au gré des occasions que nous permettrons à nos concitoyens de découvrir ce que la Société ne leur dira jamais : qu'ils sont aimés de Dieu.

En effet,

Comment donc invoqueront-ils

celui en qui ils n'ont pas cru?

Et comment croiront-ils

en celui dont ils n'ont pas entendu parler?

Et comment en entendront-ils parler,

si personne ne leur en parle ? *

 

Alors, je sais bien, c'est moins facile que de rêvasser, mais c'est bien à cela que nous avons été appelés.

Note :

* Ça, ce n'est pas de moi, mais de l'apôtre St Paul.

 

Publié dans Vie quotidienne

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