Le Marseillais.

Publié le par Albocicade

A le lire, on pourrait douter qu'il soit vraiment Marseillais : pas un mot sur l'OM ni une injure au PSG, rien sur "Plus belle la vie", pas même une allusion à la sardine qui aurait bouché le Vieux-Port, et bien malin qui oserait le prétendre champion de pétanque.

Un Marseillais, ça ?

Pourtant, oui.

Disons qu'il parlait latin "avé l'assan"*.

Parce que, au cinquième siècle, c'est latin qu'on parlait, à Marseille.

Je l'ai croisé au détour d'une référence, dans une étude sur un auteur sur lequel je planche un peu en ce moment, et j'ai voulu vérifier, en savoir plus.

 

Alors, après quelques recherches, j'ai déniché une vieille traduction française** du "Traité des hommes illustres" de Gennade de Marseille, datant de 1840, que j'ai numérisée et (un petit peu) annotée.

Sans prétention aucune, d'ailleurs : les éditions du texte latin se sont succédées au XIXe siècle, mettant en évidence des variantes nombreuses, et je n'ai pas trouvé d'édition plus récente qui ferait autorité. Alors, c'est … juste mieux que rien.

 

Mais au fait, en quoi consiste ce traité ?

Disons que c'est une sorte de catalogue – un peu à la manière du "De viris" de Jérôme ou de la Bibliothèque de Photius – dans lequel Gennade présente brièvement les auteurs qui ont (en bien ou en mal) retenu son attention. C'est donc, en une centaine de brèves notices, un petit panorama de ce que lisait un prêtre un peu érudit, dans le Sud de la Gaule, vers 480.

Et qui est maintenant disponible sur Archive.

 

Notes :

Ah, au fait, quoiqu'il ait été prêtre, Gennade ne ressemblait pas à la photo que j'ai mis en haut : celui-là, il n'est pas de Marseille, il est de Cucugnan.

* enfin, "avec l'accent".

** Il existe bien une traduction plus récente (1876 quand même), mais inaccessible pour le moment.

Publié dans Cigale patristique

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