La matheuse

Publié le par Albocicade

Je ne la connaissais pas, celle-là, et il aura fallu que Google titille ma curiosité par un "doodle" pour que je la découvre.
Bon, que Google en parle, soit ! Mais moi…
Me serai-je pris d'une subite passion pour les Maths, eux qui m'ont toujours tenu à une distance respectueuse de leurs secrets ?
En fait, non. Mais – disons-le – une personne qui, adolescente, se débrouille en sept langues*, pour moi ça force le respect.
Et puis, vous savez ce que c'est que la curiosité !
Outre l'article de Wikipédia, je suis allé jeter un œil à un "Eloge" qui lui a été consacré peu après sa mort (et que j'ai pour l'occasion placé sur Archive).
En quelques pages, je découvrais une femme étonnante, apparentée autant à Blaise Pascal qu'à St Camille de Lellis** .
De Pascal, elle avait le génie mathématique, ainsi que le désir de servir Dieu.
De Camille, elle a choisi la manière de servir : auprès des malades les plus démunis.
 
Enfant quelque peu surdouée, elle étonne non seulement ses professeurs, mais aussi les invités des soirées où, en compagnie de sa sœur, elle est mise en avant.
A vrai dire, cette "publicité" ne lui plaît guère. En fait, à 20 ans elle veut devenir moniale – ce que son père lui interdit.
Elle se consacre donc aux mathématiques avec une puissance d'analyse saluée par les savants de son époque.
A 34 ans, au décès de son père, elle s'installa dans une vie de sobre piété, partageant son temps entre les offices religieux et les soins donnés à des femmes aussi miséreuses que malades, leur prodiguant elle-même les soins infirmiers, et les catéchisant autant que faire se pouvait. D'ailleurs, elle fait aussi, avec simplicité et patience, le catéchisme aux enfants de la paroisse qu'elle fréquent. Par ailleurs, elle s'occupe de l'instruction de ses plus jeunes frères, ainsi que de "retardés mentaux". Si elle renonce à peu près totalement aux mathématiques, en revanche, elle continue à lire, notamment la Bible et les Pères de l'Eglise.
Elle mena cette vie jusqu'à l'age de 81 ans, avec piété, foi et amour.
Donc, comme signalé plus haut, son "Eloge historique" est maintenant sur Archive. La typographie en est quelquefois un peu baveuse, mais – malgré le ton quelque peu suranné du document – celui ou celle qui prendra le temps de le lire y croisera une personne  étonnante…
 
Au fait, c'était un vraie matheuse, pas du genre de celui qui a répondu à la question ci-dessous :
Notes :
* Elle pouvait tout de même s'exprimer en italien, français, latin, grec, hébreu, espagnol, et allemand.
** Non, Camille de Lellis n'est pas le saint patron des pilotes d'hélicoptères, c'est celui qui est à l'origine de l'ordre (catho) des Camilliens, et des hôpitaux St Camille (fêté le 14 juillet).
 
PS : pour les anglophones, signalons encore : The World of Maria Gaetana Agnesi, Mathematician of God :  Par Massimo Mazzotti, 2007, partiellement consultable sur Google books.

Publié dans Vie quotidienne

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