Apparences

Publié le par Albocicade

C'est l'hiver, et comme chaque année (même s'il ne fait pas froid), je laisse pousser le crin facial. De temps à autre, lorsqu'elle devient vraiment envahissante, je ramène cette barbe à des dimensions plus modestes en quelques coups de ciseaux. Barbu l'hiver, puis glabre à partir de Pâques. C'est une habitude, juste une habitude.

Pourtant, dernièrement, une personne que je connais bien me dit : "Tu as de plus en plus l'air orthodoxe !"

J'ai beau comprendre ce qu'elle veut dire, je ne peux m'empêcher de m'en défendre. Non seulement la barbe n'est pas l'apanage des orthodoxes (ne désignait-on pas de "Barbus" les membres du FIS algérien, en 1990, sans parler des rabbins, des hippies et mille autres), mais en outre elle n'a rien d'obligatoire.

Bref, la barbe n'est en rien constitutif de l'identité orthodoxe, même si les moines – et même traditionnellement  les prêtres – la portent.

Je crois plutôt que l'identité de l'orthodoxe est à chercher du côté de l'Evangile. Quelque chose qui touche tout à la fois à notre rapport à Dieu et à notre relation aux autres.

On pourra, par exemple, jeter un œil aux "Béatitudes", ou aux "deux plus grands commandements", ou même, dans l'Ancien Testament, à ce passage du prophète Michée.

Et là… je ne suis pas sûr d'être si ressemblant que ça.

Pas grand chose à voir avec les poils au menton.

 

Donc, si l'habit ne fait pas le moine, la longueur de la barbe ne fait pas l'orthodoxe.

Et bien sûr, il ne faut pas croire les marchands de déguisements :

 

Ou seulement la tête :

 

 

Publié dans Vie quotidienne

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Iago 13/02/2014 15:17

Bon, puisque c'est la semaine du Pharisien et du Publicain, voici ma contribution. Je l'ai traduite ce matin (il est curieux de constater la correspondance providentielle de l'activité ordinaire et du temps liturgique) :
Ephrem le Syrien, Discours ascétique.
"J'ai médité cet effrayant jugement, et j'ai été terrifié. Je me suis représenté la joie qu'on éprouve au Paradis et, gémissant, j'ai versé des larmes jusqu'à ce qu'il ne me reste plus de force pour pleurer encore. En effet, mes jours ont passé dans la paresse et la dissipation et mes années dans des pensées souillées. De quelle manière ce temps m'a-t-il été volé, comment s'est-il évanoui, je ne l'ai ni su, ni ressenti. Mes jours se sont écoulés, et mes iniquités ont abondé. Malheur à moi, malheur à moi, mes frères bien-aimés ! Que ferai-je face à la honte qui sera mienne en cette Heure, quand ceux qui me connaissent feront cercle autour de moi, eux qui m'ont vu revêtu de cet habit de piété et m'ont dit bienheureux, alors que j'étais intérieurement plein d'iniquités et de souillures et que j'oubliais le Seigneur qui sonde les cœurs et les reins ? Certes, ce sera là une grande honte. Misérable celui qui en sera couvert au cours de ce jugement.
Prière
Dieu bon et ami des hommes, faisant appel à tes miséricordes, je t'en conjure : ne me place pas à ta gauche avec les boucs qui t'ont irrité et ne me dis pas : "Je ne te connais pas". Mais, dans ta clémence, donne-moi d'incessantes larmes, la componction et l'humilité du cœur. Purifie-le pour qu'il devienne le sanctuaire de ta sainte grâce. Car même si je suis pécheur et impie, je frappe néanmoins sans cesse à ta porte. Même si je suis timoré et paresseux, je marche néanmoins dans ta voie".
Tambourinons donc.

Albocicade 13/02/2014 18:39

Voila qui en fait, du tambourinage... Puisque lui aussi tambourine à "notre" porte. http://cigales-eloquentes.over-blog.com/article-a-la-porte-104897540.html
Merci pour cette contribution qui nous introduit vers le Grand Carême...