Prier en traduction

Publié le par Albocicade

D'une voix forte, le prêtre invite à la prière :

"Et rends-nous dignes, Maître, d'oser avec confiance et sans encourir de condamnation, t'appeler Père, toi, le Dieu du Ciel, et dire : Notre Père…"

 

Chacun dans l'assemblée, dès qu'il sait parler, s'associe à cette prière.

Moi, caché dans le sanctuaire, à côté de l'encensoir, tout en prenant ma part de cette prière, je vois les murs s'évanouir, et je l'entends de toutes les parts du monde monter  en une multitude de langues, non comme une cacophonie, mais comme une harmonique.

Car le Seigneur qui nous invite à prier sans relâche, et à nous méfier des vaines redites nous appelle aussi à prier en ces mots :

Notre Père qui es aux cieux…

En ces mots ? voire !

Parce que, à moins d'avoir loupé un épisode, il ne me semble pas (mais alors, pas du tout) que Jésus parlait français.

Me suggèrerait-on d'employer les mots tels que les évangélistes les ont transmis ?

Certes, mais c'est là  c'est du grec… et Jésus parlait araméen.

Faut-il avoir recours à un texte en araméen ? Mais qui parle araméen, de nos jours ? Et d'ailleurs, parmi les textes proposés, lequel choisir, lequel restitue exactement les "ipsissima verba" du Christ ? Car eux aussi sont des traductions, des "rétroversions" faites à partir du grec.

En fait, il est impossible de prier le Notre Père autrement qu'en traduction.

Et c'est fort bien ainsi, puisque il n'existe que deux possibilité pour que tous prient de la même manière : soit avoir une langue "sacrée", qui ne serve qu'à cela… mais cela impose à ceux qui veulent prier d'apprendre une langue spéciale… ou de prier sans savoir ce qu'ils disent, soit prier dans sa propre langue.

Et depuis que Dieu s'est approché de nous, qu'il s'est fait homme, qu'il a parlé dans la langue de ses contemporains, toute langue est devenue "langue sacrée".

 

 

Publié dans Côté iconostase

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FABRE 10/12/2013 18:31

tout à fait d'accord avec vous ! ! ! !