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Ecologie - théologie

Samedi 26 novembre 2011 6 26 /11 /Nov /2011 14:56

http://cursillos.ca/images/images-Paul/Tite200.jpg

Parmi les urgences en cours à terminer avant que l'année ne fasse de même, il y a quelques notes pour l'Epître de l'Apôtre Paul à Tite.

En effet, depuis quelques années, il m'arrive parfois (avec la bénédiction du "puisatier") de rédiger quelques petits commentaires sur des textes bibliques pour la LLB.

Et en ce moment (donc pour l'an prochain) je travaille sur l'épître à Tite.

Pourquoi, en lisant le début du chapitre 3, ai-je pensé à la critique que Nietzsche fait du christianisme ? Probablement  à cause de ces mots : "Rappelle aux chrétiens d'être soumis aux autorités".

Critique assassine, s'il en fut, où le philosophe dénonce une religion des faibles…

 

Religion des faibles ? Certes… les humains sont faibles. Pourtant, quand je pense à St Basile (que ce soit dans son attitude devant le préfet Modeste, ou dans sa prise en compte des "faibles"), à St Philippe de Moscou tenant tête à Ivan IV "le terrible", mais aussi à John Bost, à l'Abbé Pierre, et à mille autres… je me demande : est-ce faiblesse ou force ?

 

On dit que le nazisme s'est inspiré de sa philosophie, mais "on" est un pronom bien souvent malhonnête. Alors, j'ai ouvert Nietzsche : "l'antichrist". (Mais non, ce n'est pas comme ça que je le désigne, c'est le titre d'un de ses ouvrages).

Comment dire… c'est pire que ce que j'imaginais : quoi qu'il en soit de lui-même, il a écrit des choses qu'aucune dictature ne renierait

 

Par exemple, section II

Qu’est ce qui est bon ? — Tout ce qui exalte en l’homme le sentiment de puissance, la volonté de puissance, la puissance elle-même.

Qu’est-ce qui est mauvais ? — Tout ce qui a sa racine dans la faiblesse.

Qu’est-ce que le bonheur ? — Le sentiment que la puissance grandit — qu’une résistance est surmontée.

Non pas le contentement, mais encore de la puissance, non pas la paix avant tout, mais la guerre ; non pas la vertu, mais la valeur.

Que périssent les faibles et les ratés : c'est là le premier principe de notre amour des hommes. Et qu’on les aide encore à disparaître !

Qu’est-ce qui est plus nuisible que n’importe quel vice ? — La pitié qu’éprouve l’action pour les déclassés et les faibles : — le christianisme...

 

Et encore, la fin de son "ouvrage" :

 

Et l'on compte le temps à partir du jour néfaste qui commença cette calamité, — à partir du premier jour du christianisme ! — Pourquoi pas à partir de son dernier jour ? A partir d'aujourd'hui  — Inversion des valeurs !...

Loi contre le christianisme

Promulguée le jour du Salut, le premier jour de l'an Un

(— le 30 septembre 1888 de la fausse chronologie)

Guerre à mort contre le vice : le vice est le christianisme

Article 1.— Toute contre-nature est vicieuse. L’être vicieux par excellence, c’est le prêtre : il enseigne la contre-nature. Contre le prêtre, ce ne sont plus les raisons qu’il faut, mais la prison.

Article 2.— Toute participation à un culte est un attentat aux bonnes mœurs. L’on sera plus dur contre les protestants que contre les catholiques, plus dur contre les protestants libéraux que contre les évangéliques. Être chrétien est d’autant plus criminel que l’on se rapproche de la vérité. Le criminel par excellence est donc le philosophe.

Article 3.— Les lieux maudits où le christianisme a couvé ses innombrables basiliques seront éradiqués de la surface de la terre, et ils feront horreur à la postérité. On y élèvera des serpents venimeux.

Article 4.— Prêcher la chasteté, c’est inciter publiquement à la contre-nature. Chaque mépris de la vie sexuelle, chaque souillure de celle-ci par l’idée même d’ « impur » est le vrai péché contre l’esprit saint de la vie.

Article 5.— Manger à la même table qu’un prêtre, c’est s’exclure de la société des gens honnêtes. Le prêtre est la caste la plus inférieure qui soit - il sera proscrit, affamé, en toutes circonstances chassé et exilé.

Article 6.— On appellera l’histoire « sainte » du nom qu’elle mérite : celui d’histoire maudite ; on n’utilisera plus les mots « Dieu », « sauveur », « rédempteur », « saint » que comme des insultes, des emblèmes criminels.

Article 7.— Tout le reste s’ensuit.

 

Franchement, on a vu ces programmes mis en œuvres, et je me demande comment il est encore possible de classer Nietzsche parmi les "philosophes". Une chose est sûre, les chrétiens – dans leur faiblesse – ont plus fait pour le bien de l'humanité, pour faire évoluer la société, que les "puissants" et les "révolutionnaires".

Et pour tout dire, je préfère mille fois, cent-mille fois être dans le camps des "faibles" avec St Basile et les autres que dans le camps des "puissants" (au nombre desquels on recensera des noms aussi célèbres que Hitler ou Staline..)

 

Encore un mot.

Le dernier acte "conscient" de Nietzsche, avant de sombrer définitivement dans un état de folie catatonique fut justement ce qu'il réprouvait le plus : un geste de compassion.

Le 3 janvier 1889, au cours d'un voyage à Turin, alors qu'il croise une voiture dont le cocher fouette violemment le cheval, il s'approche de l'animal, enlace son encolure et éclate en sanglots, interdisant à quiconque d'approcher de l'animal.

Serait-ce la fameuse "larme au fond des yeux" ?

 

 

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Mardi 22 novembre 2011 2 22 /11 /Nov /2011 14:41

Gabegie : ayant primitivement le sens de "désordre", voire de "fraude", le mot désigne maintenant plutôt les gaspillages provenant d'une mauvaise gestion dans l'administration.

http://www.antagoniste.net/WP-Uploads/2009/10/gaspillage181009.gif

La première fois que je l'ai vu…

Non, ça ne va pas : ce ne fut pas la vue, mais l'odorat, qui fut d'abord sollicité.

La première fois que je l'ai senti, donc, c'était dans une grande surface.

A l'entrée, j'ai cru qu'il y avait une bête crevée dans un coin. Mais non : cette odeur tenace, je la retrouve dans d'autres rayons… au point que je pourrais la suivre à la trace. Soudain, elle devient plus dense, l'air se fait rare. Je lève les yeux : il est là, devant moi, poussant son caddie d'une main sévèrement endeuillée (surtout au niveau des ongles). Vêtu d'un anorak qui fut propre (en anglais on dirait "which used to be clean"), il ne semble pas conscient des effluves nauséabonds qu'il exhale.

Tandis que je passe, encore étourdi, devant le "Point Chaud", la vendeuse (qui habite un petit village, à quelques km) m'interpelle : "Alors, tu as fait connaissance de mon voisin ?" J'en suis encore à chercher ma respiration. elle ajoute "Et en plus, la commune lui a financé une salle de bains !"

Là, j'ai franchement l'air ahuri.

Ainsi, le conseil municipal de ce village s'était saisi du problème, avait monté des dossiers d'aide financière et avait fait réaliser les travaux dans la maison de cette personne.

En pure perte, manifestement.

Allez vous étonner, après une telle gabegie, qu'il y ait une crise financière internationale !

(Ou alors, non, ça n'a rien à voir…)

 

Comme quoi, il ne suffit pas d'avoir tout ce qu'il faut à portée de main, il faut encore s'en servir.

 

Bon, d'un autre côté, il est TRES économe en eau…

http://www.cc-orthus.fr/Images/bain3.jpg


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Samedi 30 juillet 2011 6 30 /07 /Juil /2011 14:32

http://www.nicobuzz.com/wp-content/sanglier-gouessant.jpg

C'est Obélix qui va en faire, une tête !

Voilà que des sangliers ne trouvent rien de mieux à faire que de calancher, le groin dans la vase, sur quelques plages bretonnes.

Je sais, "on" attend le résultats des analyses, et ce n'est pas bien de tirer des conclusions prématurées.

Mais est-ce vraiment prématuré de parler de ce qui est connu depuis des décennies.

Moi, c'est en classe que j'ai appris que la Bretagne est la première région en matière d'élevage porcin. Et le prof de nous préciser que dans cette belle région, "il y a plus de porcs que d'habitants". (Ben quoi, j'ai aussi eu des cours de production porcine).

Bref, tous ces porcs, élevés en grands bâtiments, produisent des quantités industrielles de lisier, c'est à dire de… déjections.

Le problème, c'est que ces mètres cube de lisier, il faut bien les évacuer. La solution, c'est l'épandage. Bon, je sais, il y a des plans d'épandage, pour éviter de saturer les terrains… mais dans les faits, des quantités énormes de matières azotées très solubles se retrouvent dans des terrains dont certains sont fortement lessivables. Ou, en plus clair : lorsqu'il pleut, non seulement une partie de l'azote est entraîné en surface vers les ruisselets (qui comme chacun sait, forment les grandes rivières), mais aussi une autre partie s'enfonce dans le sol, jusqu'aux nappes phréatiques… bref l'eau est quand même bien "chargée" en éléments nutritifs pour végétaux de toutes sortes.

Par exemple, les fameuses "algues vertes", qui produisent de l'hydrogène sulfuré en se décomposant. (Mais probablement aussi plein d'autres qui n'ont encore fait parler d'elles).

 

Bref, asphyxie ou empoisonnement, il y a gros à parier que les sangliers morts ces derniers jours le doivent à leurs cousins d'élevage… ou plutôt à leurs éleveurs.

 

Et s'ils sont mort à cause de complètement autre chose ?

Ben, ça ne change rien au fait que les eaux, là bas, sont quand même sacrément polluées, pour les raisons exposées plus haut…


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Mercredi 6 juillet 2011 3 06 /07 /Juil /2011 14:41

http://www.clemson.edu/extension/natural_resources/landowner/youth_environ_education/images/robinia_pseudoacacia.gif

De mon poste de travail, le regard porte assez vite sur du vert.

D'abord des espèces ornementales plus ou moins locales (plutôt moins que plus, d'ailleurs), puis, un peu plus loin, de la "vraie" végétation.

Arbres et arbustes qu'aucun pépiniériste n'a entouré de soins attentifs, dont l'implantation ne fut jamais décidée par quelque paysagiste, et que nulle main experte n'a planté. Et par-dessus la cime des arbres, au-delà de la crête des montagnes… le ciel.

Mais ça, c'est en regardant droit devant soi.

Parce que, pour ce qui est du sol, c'est une autre histoire : bitumes, goudrons et macadams se partagent la surface : un environnement stable, inerte, stérile.

Et pourtant…

Je ne l'avais pas remarqué, tout d'abord, et lorsque je l'ai vu il faisait déjà 60 bons centimètres. Profitant d'une fissure dans ce revêtement définitif, en contrebas de mon poste de travail, un acacia s'est débrouillé pour pousser.

J'ai beau savoir qu'il ne fera pas de vieux os (enfin plutôt "de nombreux cernes") et que tôt ou tard il succombera sous la vigilance de la personne chargée de "l'entretien", tel qu'il est là, il me réjouit : toute notre technicité, notre ingénierie, notre volonté de contrôler l'environnement (fut-ce de façon mortifère) ne parvient pas à avoir le dernier mot.

Je sais bien qu'il y a quelque chose de naïf à penser ainsi, et même qu'une telle approche pourrait servir de justification à polluer : comme disait mon institutrice "toute la pollution va dans l'océan, mais l'océan a une telle capacité de régénération que ce n'est pas grave…"

Si, bien sûr que c'est grave, et certains dégâts sont particulièrement durable.

Toutefois, j'ose espérer que nous ne sommes pas prédestinés à toujours tout abîmer. Et dès lors que l'on arrête, la vie reprend peu à peu ses droits, avec parfois une étonnante capacité de résilience.

Encore faut-il s'arrêter… Et je dois reconnaître que les prises de positions du Patriarche de Constantinople me sont un baume au cœur.

Et puis, cet acacia , je le vois aussi comme un rappel de l'œuvre de Dieu. D'abord parce que le pépiniériste-paysagiste dont j'admire l'œuvre, c'est bien Lui. Mais aussi parce que, dans l'Ancien Testament, l'Arche d'Alliance contenant les tables de la Loi, le bâton d'Aaron et un vase rempli de manne était construite en bois d'acacia…

 

 

Et pour ceux qui aiment les activités sur internet… je re-signale "environmental balance"…


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Mercredi 22 juin 2011 3 22 /06 /Juin /2011 14:20

http://www.corsicanews.net/histoire/img/portrait-napoleon-david.jpg

C'était au cours d'un de ces repas qui rassemblent à une même table membres et amis de famille, et auxquels il n'est pas toujours d'échapper.

Le maître des lieux, farouche laïcard arborant un calendrier révolutionnaire de l'années en cours sur son buffet – et déjà passablement aviné – y va de son couplet  contre les curés, le bon-dieu, les chrétiens de tous poils en m'interpellant sans façons. Afin de ne pas ajouter à la confusion, je me garde de répondre : triste parodie d'intelligence, il se ridiculise lui-même par ses outrances.

Un de ses amis, toutefois, tente (assez vainement) de le raisonner un peu.

Un peu plus tard, le maître des lieux s'étant éclipsé, j'entreprend de discuter un peu avec cet invité.

Instituteur, il me dit que, tout en étant athée, il enseigne à ses élèves à respecter les convictions et religions des autres. Avant d'ajouter "même si on sait bien que Jésus n'a jamais existé !" Et de faire référence, de manière assez vague, au "travaux des historiens qui ont prouvé que le personnage de Jésus est un mythe".

Sur le coup, je suis resté soufflé : ces vieilles thèses, cent fois réfutées et dont les erreurs de méthodologie ont été depuis longtemps mises en évidence continuent à passer pour crédibles !

Au cours de la conversation à bâtons rompus qui suivit, j'évoquais un document (dont j'avais seulement entendu parler à l'époque) dont l'auteur, reprenant les méthodes des "historiens comparatistes" et déployant comme eux un trésor d'érudition démontrait que l'épopée napoléonienne n'était qu'une légende forgée de toutes pièces, et que le personnage de Napoléon  lui-même une personnification du soleil.

Publiée pour la première fois en 1827, soit 6 ans après la mort de l'Empereur, ce pamphlet hardi, malgré un sérieux affecté ne prétend convaincre que d'une chose : même bien argumentée, même en ayant toutes les apparences de la logique et de la démonstration scientifique, une thèse ne change rien à la réalité, et c'est la réalité qui doit avoir le dernier mot.

 C'est justement ce document que je viens de dénicher, et de placer sur Scribd : à peine 5 pages, ça se lit vite.


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Jeudi 2 juin 2011 4 02 /06 /Juin /2011 08:41

icone fusee

 

L'ascension de Jésus… Le Christ monte au Ciel… jusqu'où ?

Je sais, cette question est oiseuse, et même stupide. Celui qui, ressuscité, "entre dans la pièce, toutes les portes étant fermées" est dans un état d'être qui, côté limitations, n'a plus grand chose en commun avec notre condition de mortel.

Toutefois, cette question stupide a été posée et utilisée à des fins de propagandes contre l'Eglise.

Souvenez-vous, c'était il y a quelques décennies, dans les débuts de la conquête de l'espace.

Le premier homme à sortir de l'atmosphère terrestre fut Youri Gagarine, un Soviétique. C'était le 12 avril 1962, sur le Vostok 1

Et de retour sur terre, on a eu droit à cette phrase mémorable :

"J’étais dans le ciel et j’ai bien regardé partout :

je n‘ai pas vu Dieu."

CQFD

 

Mais peut-être est-il temps de traduire les textes de l'affiche soviétique, de cette même époque.

En haut à droite :

"La vieille avait dit: on ne franchit pas le seuil de sa maison

sans que Dieu soit là!"

Puis en bas :

" Mais la claire lumière de la Science

A prouvé que Dieu n'a pas d'existence"


C'était toute une époque, ou d'innombrables croyants (mais aussi de "bons communistes athées") étaient envoyés en camps pour des raisons… impalpables.

Un monde kafkaïen où le programme social du régime était de "détruire les préjugés pourris de la religion".

 

La conquête de l'espace avait commencé par l'envoi des spoutniks. C'était en 1957.

Spoutnik. Le "bip-bip" le plus célèbre du monde.

Spoutnik, un exploit technique  des soviétiques, de ceux qui se revendiquaient "sans-Dieu".

Spoutnik… ce mot accompagnait les chrétiens russes depuis des générations, depuis des siècles.

Spoutnik… c'est primitivement (en russe) le "compagnon de route", celui avec qui on fait le chemin ; mais c'est aussi un livre de prières, celui qu’on prend en voyage (qu'en Grèce on appelle "Synekdimos", ou en France, le "bréviaire")

Bref, Spoutnik, c'est bien sûr le satellite artificiel qui "accompagne la terre dans son voyage" autour du soleil, mais c'est aussi le livre qui accompagne le croyant dans sa route vers Dieu.

Et au fond, Spoutnik, c'est le Christ qui accompagne les pèlerins d'Emmaüs, et qui est avec nous tous les jours, jusqu'à la fin du monde (C'est là).

 

Finalement, il n'avait pas regardé comme il faut, le Gagarine.

 

Merci à Tertius pour son aide appréciée pour ce billet.

 

Ah, un dernier mot. Comment interpréter le geste du Sauveur  disparaissant vers le haut (le ciel est "en haut", aussi le Ressuscité va vers le haut). Simplement : la tête, et l'étendue, et la lumière sont "en haut", les pieds, la matière et l'obscur sont "en bas". Pour ceux qui s'interrogent sur le "pourquoi" d'un tel "choix" de disparition du Sauveur, il convient peut-être de se poser si - pour eux - cela aurait été signifiant de la même manière si le Christ s'était enfoncé dans le sol, dans la terre, pour montrer à ses disciples qu'il allait vers le Père...

(Pour cette dernière réflexion, je suis redevable à Urs von Balthasar, dans son "Cordula, ou l'épreuve décisive")

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Vendredi 15 avril 2011 5 15 /04 /Avr /2011 14:03

Do not drink

Je me souviens quand, ados, nous nous prenions pour des espèces de héros de l'anticonformisme.

A écouter Renaud et rêver de "zone", de "banlieue pourrie", de "baston… un "cuir" sur les épaules, une "lame" (dont le plus grand forfait fut sans doute de trancher dans quelque boite de pâté dérobée à la supérette du coin) dans la poche…

Et bien sûr, à la bouche tel un sésame vers un monde supposé meilleur, la phrase enchantée : "T'as pas du shit ?" (et nul d'entre nous n'en avait).

Nous n'étions que des gosses, sur une pente dangereuse, mais nos actes de l'époque – à défaut d'être glorieux – ne mirent pas en péril l'avenir de la région.

 

Aujourd'hui, c'est un autre produit qui suscite les convoitises de certains tout en donnant des sueurs froides à d'autres. Pas une pâte de résine, non, une roche métamorphique qui telle une éponge minérale retient prisonnières des bulles de gaz : le schiste.

 

Il suffit de casser le roche et d'en chasser le gaz pour le récupérer. Avec quoi ? De l'eau sous pression, additionnée de divers produits chimiques.

Importantes ressources d'énergie, profits en conséquence… et dégâts collatéraux en proportion.

Car, disons-le de suite, si l'exploitation de cette "ressource naturelle" est à l'état de projet en France, cela fait plus de dix ans que les "casseurs de roche" sévissent outre-Atlantique. Et les risques dénoncés par les opposants ne sont pas de simples hypothèses, mais l'énoncé de constats faits sur place : par exemple, le fait que ne soit récupérée qu'une partie de l'eau envoyée pour fracturer les roches a déjà abouti à des pollutions irréversibles de nappes phréatiques.

 

Mais plutôt que d'énoncer en vrac les "avantages" et "problèmes" liés à ce type de "réalisation", je préfère renvoyer vers une page qui fait bien le point.

 

Certes, gamins naïfs et immatures, nous étions plutôt irresponsables… mais que dire alors de ces industriels pour qui la destruction concertée d'à peu près tout, sous à peu près n'importe quel prétexte, semble ne poser aucun problème ?


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Mercredi 30 mars 2011 3 30 /03 /Mars /2011 14:43

  Le tsar Pierre 1er de Russie

 

Alors que Pierre le Grand, autocrate de Russie au XVIIIe siècle, voulait moderniser son empire, il choisit l'occident comme modèle.

Ah, l'occident ! Ses villes, sa culture, son élégance, sa technicité…

Seul l'occident trouvait grâce à ses yeux.

 

Alors, aux orties le caftan : il faut des vêtements modernes !

Fi de la langue russe : sa nouvelle capitale, toute de pierre bâtie, s'appellera Санкт-Петербург, Sankt-Peterbourg… un nom bien allemand !

Et puisque les Prussiens se rasent, haro sur le poil au menton !

Les marchands de ciseaux firent fortune, et la barbe fut traquées… ou taxée.

 

Je pensais à cela , l'autre jour, alors que je devisais avec un interlocuteur qui arborait paisiblement une sobre barbe du meilleur aloi. Que se serait-il passé pour lui, sous un tel "souverain éclairé" ?

Et encore, pour lui, ce n'aurait pas été trop grave, mais pour ses protégés ?

Car mon interlocuteur est animateur à la réserve naturelle de Sixt-Fer-à-Cheval, magnifique endroit où vit, entre autres, un couple de Gypaètes… barbus.

  http://instants-naturels.space-blogs.com/image.php?id=100269388

 

Et puisqu'il a un blog (qu'il ne met pas régulièrement à jour, hélas), je ne peux faire moins que de le signaler : magnifiques photos en archive.

 

Ah, un dernier mot : le titre de ce billet ne doit rien (ou si peu) à certains chanteurs d'un temps révolu… 

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Lundi 14 février 2011 1 14 /02 /Fév /2011 14:20

http://image-photos.linternaute.com/image_photo/550/autres-deserts-wadi-rum-jordanie-1405507984-1181204.jpg

En cette période particulièrement tumultueuse, du moins de l'autre côté de la Méditerranée, m'est venu le désir d'évoquer une figure bien oubliée : le premier évêque des Sarrasins.

 

En ce IVe siècle, s'il était relativement aisé aux habitants des villes d'entendre l'Evangile, en ce qui concerne les membres des innombrables tribus nomades que l'on appelait Skénites, Ismaélites, Agareniens ou Sarascènes, c'était une autre paire de manche.

 

Tout au plus pouvaient-ils rencontrer – au gré de leurs déplacements – quelques ermites chrétiens à qui ils demandaient conseils et prières.

Et parfois, tel "Sarrasin" devenait chrétien. C'est ainsi que saint Hilarion, en convertit en grand nombre dans la ville d'Eluse, d'où ils refusèrent de le laisser partir avant qu'il leur ait tracé la place d'une église. On a aussi le récit de la conversion d'un certain sarrasin du nom d'Obedien, qu'un certain Moïse de Raïthou (différent de celui dont il sera question ensuite) amena à la foi chrétienne, avec beaucoup d'autres sarrasins de Pharan. De même, Zocome, chef d'une de leurs tribus, n'ayant pas d'enfants, alla trouver un saint solitaire et se plaignit à lui. L'ermite tâcha de le réconforter, fit des prières pour lui, et l'assura qu'il aurait un fils s'il voulait croire en Jésus-Christ. Zocome se fit instruire dans la religion, Dieu lui donna l'enfant qu'il désirait, il reçut enfin le saint baptême, et à son exemple tous ses sujets se firent chrétiens.

Mais tout cela se faisait au coup par coup : les Sarrasins n'étaient certainement pas une "nation unie", et chaque clan avait son chef, ses règles.

Mais venons-en à notre évêque.

Sarrasin de naissance, ce Moïse était devenu chrétien et s'était depuis longtemps retiré dans la solitude d'une région désertique au confins de l'Egypte et de la Palestine.

En ce temps là, une certaine tribu des Sarrasins ravageaient les frontières de l'Empire, sous la conduite de  sa "reine" Mavia. Les romains, sachant que les nomades étaient menés par une femme, veuve du prince de la tribu, comptaient sur une victoire rapide, mais après quelques cuisantes défaites, ils considérèrent qu'il serait plus judicieux d'envoyer une ambassade à Mavia pour lui proposer la paix.

Or, dans les conditions de la paix, Mavia eut une exigence… curieuse : elle demanda que l'ermite Moïse fût ordonné évêque pour son peuple.

L'Empereur Valens, trop heureux d'obtenir la paix à cette condition, ordonna qu'on le menât à Alexandrie, pour y recevoir les saints ordres.

Quand la politique s'en mêle…

 

C'était une période où les disciples d'Arius menaçaient la foi de l'Eglise. L'empereur Valens était arien, et Lucius, le despotique archevêque d'Alexandrie, quoique pas franchement arien (les nuances de gris étaient nombreuses à cette époque !), avait fait déporter de nombreux orthodoxes, évêques, prêtres et moines qu'il trouvait trop ardents à défendre le symbole de Nicée, afin de s'attirer les bonnes grâces du pouvoir en place.

Quand la politique s 'en mêle…


Lorsque parvenu dans la Cathédrale d'Alexandrie, l'ermite Moïse vit que Lucius s'approchait pour lui imposer les mains, il lui dit en présence des généraux et de tout le peuple assemblé en grand nombre :

"Lucius, arrête-toi ! Et n'imagine pas un instant que tu pourras m'ordonner évêque. Je reconnais que cette dignité est bien au-delà de mes forces et que j'en suis tout à fait indigne. Cependant si c'est la volonté de Dieu que j'y sois élevé malgré mon indignité, je prends ici le Dieu du ciel et de la terre à témoin que je n'accepterai jamais que tu mettes sur moi tes mains rougies et souillées du sang des Saints !"

Lucius, qui ne s'attendait pas à une pareille apostrophe, y fut d'autant plus sensible que le reproche était public. Il lui répondit avec un cœur plein d'émotion :

"C'est me faire une injure bien éclatante que de témoigner une si grande horreur pour moi en présence de tout le monde, sans savoir quelle est ma foi. Si tu as entendu  des choses fausses sur moi, je suis prêt à faire une déclaration de foi sur laquelle il sera plus juste que tu te bases plutôt que sur des ragots."

Moïse répliqua : "Lucius, sans même que tu aies besoin de me l'expliquer, je sais quelle est ta foi ! Elle est manifestée par les évêques, les prêtres et les diacres que tu as envoyés en exil et condamnés aux mines. A cela, on voit qu'elle est fort éloignée de la foi de Jésus Christ et de la doctrine orthodoxe !"

Et il jura que jamais il n'accepterait d'être ordonné par Lucius.

Quoique ce fut pour l'évêque Lucius un terrible affront, il fut contraint de consentir par la nécessité des affaires de l'État, de peur de rallumer la guerre des Sarrasins, qu'on conduisît Moïse auprès des évêques en exil pour être sacré par eux, ainsi qu'il l'avait demandé.

Quand la politique s'en mêle…

 

On ne sait  pas grand chose de plus de ce Moïse, évêque des Sarrasins, pas même où fut son siège épiscopal (si toutefois il ne se contenta pas de suivre les pérégrinations des tribus dans une tente) qui passa le reste de sa vie à témoigner de l'Evangile parmi les Sarrasins.

Quant à la reine Mavia, elle respecta son engagement de paix envers Rome, et envoya même du secours à Valens contre les Goths, dont il se servit très-avantageusement. Elle cimenta de plus son union avec les Romains, en donnant sa fille en mariage à Victor leur général, dont Théodoret et Nicéphore louent beaucoup la pureté de la foi.

Tels furent les fruits de l'élection de Moïse, je veux dire la conversion d'une grande multitude de Sarrasins et leur paix avec l'empire.

Quand la politique s'en mêle…

 


L'Église catholique fait mémoire de saint Moïse, dans son Martyrologe, au 7 février.

Il ne semble pas être dans le Synaxaire… dommage

 

Sources :

Sozomène HE Liv VI, 38

Socrate HE IV 36

Théodoret HE IV 23

 

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Vendredi 28 janvier 2011 5 28 /01 /Jan /2011 14:13

 

http://adventuremalaysia.com/images/stories/mammut_flash_.jpg

Année après année, mon activité physique sinon favorite du moins incontournable consiste à préparer du bois de chauffage.

Si cette année, c'est surtout du chêne, l'an prochain, ce sera (au moins en partie) du pin.

Un de mes interlocuteurs d'un instant m'en avait parlé, il y a quelques mois : il devait faire abattre quelques arbres. Et voici que la semaine dernière, en coup de vent, il m'annonce que les arbres ont été tombés par les élèves d'une école forestière. Et il ajoute : "Je leur ai demandé de les couper à 50 centimètres : ce sera plus pratique pour vous."

Voilà une attention qui me touche ! Juste à charger, à refendre les plus gros et à stocker pour que ça sèche… Presque une promenade.

Ah, il avait oublié… si je peux dégager les branchages, au moins le tas près de sa maison… les autres, il les brûlera.

Bien sûr…

Mais ça en fait, des branches…

Deux fois plus de volume que le bois. Et les branches, non seulement c'est long à charger, mais en plus c'est fastidieux à décharger.

Sauf si…

Mais c'est là l'application d'un principe beaucoup plus général.

Etre accroché par un lien solide et bien fixé à un point stable, fiable, adapté et - au besoin - inébranlable.

 

Par exemple, donc, pour vider les remorques, j'accrochais les bases des branches (intelligemment rangées lors du chargement) par une corde que je fixai à un tronc d'arbre. Ensuite, il n'y a plus qu'à redémarrer la voiture et avancer : c'est déchargé.

 

Mais comme je le disais, c'est l'application d'un principe général.

C'est le marin que s'amarre à son mat pour ne pas être jeté par dessus bord lors d'une tempête,  l'alpiniste qui passe sa corde derrière un rocher pour pouvoir entamer sa descente en rappel, le montagnard amateur qui reste encordé à son guide.

C'est aussi savoir à quoi se raccrocher dans les aléas de la vie ; comment continuer à avancer lorsque tout s'y oppose, ou au contraire ne pas se laisser entraîner comme malgré soi en des chemins contestables…

 

La difficulté est peut-être de trouver un point véritablement fiable en fonction de la situation.

Puis de rester bien "fixé", dans la durée, même si tout bouge sous nos pieds.

 

Dommage que l'on n'ose plus guère dire que, pour notre vie d'humain, la base fiable, le point inébranlable, l'accompagnateur expérimenté à qui s'accrocher, c'est le Christ.

Pour être, comme Adam, saisi par Lui et tiré de la mort vers la vie.

http://greekodyssey.typepad.com/my_greek_odyssey/images/2008/04/26/anastasis.jpg


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